Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dénoncé les initiatives de particuliers ou de groupes procédant à des contrôles d’identité dans l’espace public, affirmant que de telles pratiques sont contraires à la loi et ne reflètent pas les valeurs de la population sud-africaine.
« Personne n’a le droit, par exemple, d’interpeller quelqu’un dans la rue pour lui demander de présenter une pièce d’identité ; nous savons que les Sud-Africains ne sont pas xénophobes », a déclaré le chef de l’État, Cyril Ramaphosa.
Le président Ramaphosa a rappelé que l’application des lois relatives à l’immigration relève exclusivement des institutions habilitées de l’État et non d’initiatives privées.
Il a également mis en garde contre les risques de stigmatisation et de discrimination visant les ressortissants étrangers vivant dans le pays.
Ces propos visent à apaiser les inquiétudes suscitées après plusieurs incidents signalés ces derniers mois, au cours desquels des ressortissants étrangers ont été violemment attaqués. Officiellement, un migrant a été tué et plusieurs dizaines d’autres blessés.
L’Afrique du Sud accueille plus de deux millions de migrants originaires d’autres pays africains, notamment du Zimbabwe, du Mozambique, du Malawi, de la RDC et du Ghana. La question migratoire demeure un sujet sensible dans un pays confronté à un chômage élevé et à d’importantes inégalités sociales.
Pour rappel, les déclarations de Cyril Ramaphosa interviennent dans un contexte de vives tensions autour de la question migratoire en Afrique du Sud.
Les autorités de la République démocratique du Congo ont notamment dénoncé des actes à caractère xénophobe visant certains de leurs ressortissants établis dans le pays. Plusieurs pays, dont le Ghana et le Mozambique, ont rapatrié leurs ressortissants, tandis que le délai de régularisation touche à sa fin.
Des organisations de défense des droits humains ont également fait état de pressions exercées contre des migrants originaires de plusieurs pays africains.

