La fête musulmane de l’Aïd el-Adha a été célébrée ce mercredi 27 mai 2026 à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
Cette année, elle s’est tenue dans un contexte de surveillance sanitaire renforcée, après la confirmation d’un cas d’Ebola dans la ville de Goma.
Pour limiter les risques de propagation, les autorités ont annulé la prière collective initialement prévue au stade de l’Unité et ont demandé aux fidèles d’effectuer les prières dans les mosquées de proximité.
Les principaux rites de la Tabaski ont toutefois été maintenus, dans le respect des mesures de prévention sanitaire.
Selon les responsables religieux, cette adaptation s’inscrit également dans une logique de prévention déjà présente dans les enseignements islamiques.
Le vice-président du Conseil théologal provincial du Nord-Kivu au sein de la Communauté islamique du Congo, Cheikh Djaffar Al Katanty, estime que ces mesures rejoignent les prescriptions religieuses.
Il déclare que la suspension des grands rassemblements s’inscrit dans les principes de précaution enseignés par le Prophète.
« Pour nous, le fait de ne pas avoir prié tous ensemble dans un même endroit s’inscrit dans les mesures de précaution contre l’épidémie que le prophète nous a enseignées. Les autorités n’ont fait que rappeler ce qui existe déjà dans nos pratiques, comme le lavage des mains, qui fait partie des habitudes quotidiennes du musulman », a-t-il expliqué.
Concernant les mesures d’hygiène, il précise que celles-ci sont déjà intégrées dans la vie quotidienne des fidèles.
« Le lavage des mains fait déjà partie des pratiques quotidiennes du musulman. Demander à un musulman de se laver les mains revient simplement à lui rappeler une habitude qu’il applique déjà », a-t-il ajouté.
Dans le même registre, Cheikh Djaffar Al Katanty souligne également le respect des prescriptions sanitaires.
« Un musulman respecte les prescriptions médicales, notamment le lavage des mains, le port du masque et les mesures d’hygiène. Vous avez d’ailleurs constaté que tous les musulmans se sont lavé les mains ou désinfecté les mains et ont porté des masques », a-t-il indiqué.
Il considère la maladie comme une épreuve spirituelle.
« Nous considérons qu’il s’agit d’une épreuve à travers laquelle Dieu met parfois les hommes à l’épreuve, que ce soit par la maladie ou par des catastrophes naturelles. Cette maladie constitue donc une épreuve et nous devons y faire face avec foi, inch’Allah », a-t-il conclu.
La cérémonie s’est déroulée conformément aux mesures prises par les autorités municipales, notamment la décision du maire interdisant les grands rassemblements afin de limiter les risques de propagation de l’épidémie.
L’Aïd el-Adha (également appelé Aïd el-Kébir ou Tabaski) est la plus importante des fêtes religieuses musulmanes. Également connue sous le nom de « Fête du Sacrifice », elle commémore la soumission totale à Dieu du prophète Abraham (Ibrahim), qui était prêt à sacrifier son fils avant qu’un mouton ne lui soit substitué in extremis.

