L’insécurité ne faiblit pas dans la chefferie des Bombo. Dans un rapport rendu public ce mercredi 27 mai 2026, la Nouvelle Société Civile Coordination (NSCC) dresse un tableau sombre de la situation, marquée par des attaques attribuées aux ADF/MTM, des enlèvements et la présence d’engins explosifs dans plusieurs villages du territoire de Mambasa.
La NSCC pointe une menace toujours active depuis fin avril. Le dernier incident mortel date du 20 mai à Muchacha, où un habitant, M. Limbanain, a été tué en marchant sur une mine artisanale. La victime a été inhumée le lendemain, dans une atmosphère lourde d’émotion.
Le 23 avril, deux jeunes, Rémy, 34 ans, et Emmanuel Muhindo, 25 ans, ont disparu alors qu’ils allaient chercher de l’eau à environ 500 mètres d’une position des FARDC. Pour la société civile, ils auraient été capturés par des combattants ADF/MTM qui écument régulièrement les environs pour exploiter les champs des habitants.
« L’enlèvement si près du village montre que l’ennemi est à nos portes », alerte Moussa Kikoleri, président de la coordination de la société civile des Bombo. Il déplore l’absence d’une riposte suffisante face à des groupes armés qui circuleraient sans entrave.
Ces faits s’ajoutent à une série d’incursions documentées ces derniers mois. Le 12 mars, le village Mavuvu dans le groupement Enjewa a été visé. La violence s’est ensuite étendue vers la chefferie des Bandaka : PK12-Badengaido le 16 mars, puis Bafwakoa le 1er avril. Entre le 23 et le 24 avril, les localités de Penge, Talawa, Kulungu, Gbaka, Île et Salate ont également été prises pour cible.
En parallèle, la NSCC dénonce la multiplication des barrières sur la RN4 à hauteur de Muchacha. De trois auparavant, elles seraient passées à huit. Les voyageurs doivent s’acquitter de 5 000 FC sur deux barrières et 2 000 FC sur les six autres.
La structure citoyenne s’interroge sur les bénéficiaires de ces péages et accuse certains militaires de privilégier l’orpaillage, allant jusqu’à utiliser un engin de type Poclain appartenant à la société chinoise Kimia Mining.
Face à cette dégradation, la société civile demande aux FARDC de recentrer leurs efforts sur la protection des civils. Elle espère que la récente mission du commandant du secteur opérationnel de l’Ituri se traduira par des mesures concrètes.
« Les maisons incendiées, les morts, les blessures : la douleur est encore vive. Il faut agir vite », insiste Moussa Kikoleri.
L’armée n’a pas réagi à ces accusations au moment de la publication. Les sollicitations de la rédaction sont restées sans réponse.

