Plus de 1 100 hommes, femmes et enfants afghans vivant actuellement au camp As Sayliyah, à Doha au Qatar, dont la plupart ont travaillé pour ou aux côtés du gouvernement des États-Unis pendant les vingt années de présence américaine en Afghanistan, ont rejeté dans un communiqué l’offre américaine d’être transférés vers la République démocratique du Congo.
Ces Afghans étaient des interprètes, membres des forces spéciales afghanes, infirmiers, chauffeurs, agents de sécurité, cuisiniers et employés de bureau dans les complexes américains.
« Ce sont les États-Unis qui nous ont amenés ici. Ce sont les États-Unis qui ont vérifié notre identité. Les États-Unis nous ont dit que nous allions venir en Amérique. Nous avons appris hier, par le New York Times, que le gouvernement des États-Unis envisage désormais de nous envoyer en République démocratique du Congo. Personne du Département d’État ne nous a informés de cela. Aucun responsable américain n’est venu nous voir pour nous expliquer ce qui est prévu pour nos vies », peut-on lire dans le communiqué.
« Nous attendons depuis plus d’un an. Nous avons dépassé la date limite du 31 mars fixée par les États-Unis eux-mêmes pour notre relocalisation. Nous attendons toujours. Nous avons écrit aux membres du Congrès. Nous demandons l’aide des États-Unis, car aucune famille ne peut supporter une telle situation indéfiniment. Nous voulons également informer le peuple américain que des missiles sont passés près de chez nous », alertent les Afghans dans le communiqué.
Ils affirment avoir appris par la presse que leur prochaine destination pourrait être la République démocratique du Congo.
« Nous ne voulons pas aller en République démocratique du Congo. Nous n’y avons pas de famille. Nous n’y parlons pas la langue. Nous n’y avons aucun statut légal. C’est un pays en proie à sa propre guerre. Nous avons déjà assez souffert de la guerre. Nous ne pouvons pas emmener nos enfants dans un autre conflit. Nous ne pouvons pas non plus retourner en Afghanistan. Les talibans tueront beaucoup d’entre nous pour ce que nous avons fait pour les États-Unis », ajoutent-ils.
Ils affirment être dans l’impossibilité de rentrer chez eux.
« Nous ne demandons pas la charité. Nous demandons aux États-Unis de tenir la promesse qu’ils nous ont faite », insistent-ils.
Ils rappellent enfin que leurs proches sont morts en travaillant pour les États-Unis et concluent : « On nous a répété, pendant vingt ans, que l’Amérique n’oublie pas ses amis ».

