La commune de Makala, dans le sud de Kinshasa, a connu deux jours de fortes tensions marqués par des affrontements entre éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC), avant le déploiement, mercredi soir, d’une patrouille mixte destinée à rétablir l’ordre et rassurer la population.
Selon plusieurs sources locales, les violences ont éclaté à la suite de l’arrestation de jeunes garçons par la police, une intervention jugée arbitraire par des militaires positionnés dans le quartier Mabulu, le long de la route Elengesa.
L’intervention des FARDC a rapidement dégénéré en un face-à-face armé avec des éléments du Groupe mobile d’intervention (GMI/Kikalungu), basés sur l’avenue Kibambi 1.
Les hostilités se sont poursuivies le mercredi 22 avril, s’étendant vers plusieurs axes de la commune, notamment en direction de l’avenue Croquet, à proximité de positions policières. Des échanges de tirs ont semé la panique, poussant de nombreux habitants à se confiner chez eux.
Dans ce climat de confusion, des groupes de jeunes délinquants, connus sous le nom de Kuluna, ont profité du désordre pour piller des habitations et saccager un poste de police situé sur l’avenue Kimfumu, près d’un établissement scolaire.
Face à la dégradation de la situation, une patrouille mixte police-armée a été déployée mercredi soir afin de ratisser la zone et de tenter de restaurer un climat de sécurité. Cette présence conjointe vise également à prévenir de nouveaux débordements et à rassurer des habitants toujours sous le choc.
Des témoins évoquent des scènes de panique, marquées par des tirs sporadiques et la fermeture précipitée de plusieurs commerces et écoles. Sur les réseaux sociaux, les appels à une intervention rapide et durable des autorités se sont multipliés.
Si un retour progressif au calme semble s’amorcer, la population reste prudente, redoutant une reprise des violences dans cette commune déjà fragilisée par une insécurité récurrente liée au phénomène des Kuluna.

