Les États-Unis ont publié une déclaration conjointe internationale marquant des avancées significatives dans les négociations entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), dans le cadre du processus de paix piloté sous l’égide du Cadre de Doha.
Ce communiqué, rendu public par le Bureau du porte-parole du Département d’État américain, intervient à l’issue de plusieurs jours de discussions tenues du 13 au 17 avril à Montreux, en Suisse, en présence de plusieurs médiateurs internationaux, dont le Qatar, la Suisse, l’Union africaine, le Togo et les Nations unies.
Au cœur des discussions figure un protocole en cours de finalisation sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, considéré comme un pilier essentiel pour répondre à l’urgence humanitaire dans l’est de la RDC, région en proie à des violences armées persistantes.
Les parties ont réaffirmé leur engagement à respecter strictement le droit international humanitaire, les droits humains ainsi que les normes relatives aux réfugiés. Elles se sont également engagées à protéger les populations civiles et à éviter toute action susceptible de compromettre les infrastructures vitales, notamment les installations médicales, agricoles, énergétiques et éducatives.
Le texte insiste sur la nécessité de garantir un accès humanitaire « rapide, sûr et sans entrave », ainsi que la liberté de circulation des acteurs humanitaires et de leurs convois, sans aucune forme de discrimination.
Les deux parties ont également convenu de préserver les services essentiels, santé, eau, alimentation, logement et éducation, et de prendre en compte l’impact humanitaire de toute mesure affectant ces secteurs critiques.
Elles se sont engagées à faciliter les soins d’urgence aux blessés et aux malades, y compris la recherche, l’évacuation et l’acheminement de matériel médical par des organisations humanitaires neutres.
Sur le plan sécuritaire, un tournant important a été franchi avec l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi (EJVM+), en coopération avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Ce dispositif permettra au mécanisme de supervision du cessez-le-feu (COVM) de lancer ses premières missions de surveillance et de vérification sur le terrain.
Selon les parties, les premières opérations devraient être planifiées dans un délai d’une semaine, avec un appui logistique de la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO).
Autre avancée notable : les parties ont convenu de procéder à la libération de détenus dans un délai de dix jours, conformément aux engagements pris en septembre 2025.
Cette avancée diplomatique intervient dans un contexte de combats intenses sur le terrain. Au Nord-Kivu, dans le territoire de Masisi, ainsi qu’au Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Kalehe et de Fizi, en particulier dans les Hauts-Plateaux de Minembwe, les affrontements se poursuivent entre les forces de l’AFC/M23, alliées aux Twirwaneho, et les FARDC, appuyées par l’armée burundaise et les groupes Wazalendo. L’AFC/M23 accuse par ailleurs la coalition gouvernementale d’avoir mené des bombardements sur des zones densément peuplées à Minembwe.

