Les femmes pygmées de Kitshanga, dans le groupement Bashali Mokoto, sont invitées à abandonner les accouchements à domicile au profit des structures sanitaires en territoire de Masisi.
Cet appel est lancé par l’infirmier titulaire du centre de santé Umoja, situé dans la zone de santé de Mweso, inquiet du faible recours aux services de maternité par cette catégorie de la population.
Selon Tushime Jean Bosco, malgré l’existence de cette structure sanitaire, les femmes pygmées s’y présentent principalement pour d’autres maladies, mais très rarement pour les consultations prénatales ou les accouchements.
Une situation qui, selon lui, expose ces femmes à de graves complications après l’accouchement.
« Nous constatons que les femmes pygmées viennent au centre de santé pour se faire soigner d’autres maladies, mais pas pour le suivi de la grossesse ni pour accoucher. Pourtant, l’accouchement à domicile comporte beaucoup de risques pour la mère et l’enfant. Nous appelons ces femmes à venir régulièrement en consultation prénatale et à accoucher dans des structures sanitaires pour leur sécurité et celle de leurs bébés », explique-t-il.
Face à cette interpellation, certaines femmes pygmées reconnaissent elles-mêmes ne pas fréquenter les centres de santé pendant la grossesse.
Elles évoquent notamment des difficultés liées à leurs conditions de vie, qui les empêchent de recourir aux services sanitaires.
« Nous n’avons pas l’habitude d’accoucher à l’hôpital. Après l’accouchement, nous n’avons pas de vêtements pour nos bébés ni de moyens pour sortir dignement du centre de santé, comme d’autres femmes. C’est pour cela que nous préférons rester à la maison, même si ce n’est pas sans risques », témoigne l’une d’elles.
Cette situation met en lumière les défis socio-économiques auxquels font face ces communautés, limitant leur accès aux soins de santé maternelle.
Les acteurs sanitaires appellent ainsi à une mobilisation collective pour améliorer la sensibilisation et les conditions d’accueil de ces femmes dans les structures de santé.
En attendant, l’amélioration de la prise en charge et l’accompagnement social des femmes pygmées apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire les accouchements à domicile et prévenir les risques liés à la maternité dans cette partie du territoire de Masisi.

