Francine Muyumba, figure de l’opposition congolaise, a estimé lundi 23 mars 2026 qu’un éventuel projet de révision de la Constitution en République démocratique du Congo est « problématique » dans le contexte actuel de conflit, soulignant l’absence de conditions nécessaires à un processus inclusif.
« Aujourd’hui, il est impossible de faire l’opposition en RDC. Parler de la révision de la Constitution au moment où le pays est en guerre, c’est dangereux », a-t-elle déclaré sur TV5 Monde.
L’ancienne sénatrice a dénoncé une confusion dans le débat public entre révision et changement de la Constitution.
« Il y a des gens qui évoquent la révision de la Constitution, d’autres parlent de son changement. Ils ont une confusion là-dessus. C’est politiquement problématique et juridiquement contestable », a-t-elle affirmé.
Selon elle, toute révision constitutionnelle en RDC doit obligatoirement passer par un référendum, ce qui pose, d’après elle, la question de la participation des populations vivant dans des zones échappant au contrôle du gouvernement.
« Qui dit référendum dit inclusivité. Or, il y a des zones qui ne sont pas contrôlées par Kinshasa. Comment vont-ils faire participer ceux qui vivent dans ces zones ? », a-t-elle interrogé.
Francine Muyumba a par ailleurs estimé que le débat institutionnel ne constitue pas la priorité actuelle du pays.
« Le problème n’est pas la Constitution, les textes, mais leur application », a-t-elle précisé.
Elle a insisté sur la nécessité d’un dialogue politique avant toute réforme.
« Sans dialogue inclusif, il est impossible de parler de la révision de la Constitution. L’urgence pour la RDC aujourd’hui, c’est la paix », a-t-elle ajouté.
Elle a mis en garde contre toute approche non réaliste dans la gestion de la crise.
« Nous ne trouverons pas de solutions aux problèmes du Congo par des incantations ou des miracles », a-t-elle conclu.

