Dans un entretien exclusif accordé au média belge La Libre Belgique, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire et politique dans son pays, alertant sur le risque de « soudanisation » de la crise.
« La guerre, c’est un choix. La paix aussi. Je me réfère toujours à ce qu’on a vécu en 2001 parce que c’était une situation inédite sur le continent, avec plusieurs armées étrangères sur le territoire national, des mouvements rebelles qui avaient le contrôle tantôt de l’Est, de l’Ouest, du Nord et plusieurs groupes armés. Dans ce contexte, opter pour la paix n’était pas facile », a expliqué Kabila depuis sa résidence à Goma.
Il a rappelé les efforts de médiation régionale qui avaient abouti à l’accord de Sun City et à la mise en place d’un gouvernement de transition : « J’avais conseillé, dès le départ, à ceux qui sont aujourd’hui à Kinshasa d’opter pour la négociation. La réponse a toujours été “on va faire la guerre”. Cinq ans plus tard, on est toujours dans la même foutue guerre. »
L’ancien chef de l’État s’inquiète des conséquences d’une gestion belliqueuse de la crise : « Beaucoup évoquent la balkanisation, moi je parle de la “soudanisation” de la crise en RDC. Il y a des points communs entre ce que traverse notre pays et ce qui a amené l’implosion du Soudan. »
Pour Kabila, la solution passe par un dialogue inclusif impliquant tous les Congolais, de la société civile à la classe politique, en passant par ceux qui ont pris les armes. Selon lui, « l’option de la paix est toujours possible si elle s’accompagne de responsabilité et de sagesse ».
Cette sortie de Kabila intervient alors que la RDC fait face à une crise politique et sécuritaire exacerbée par le conflit entre Kinshasa et l’AFC-M23, qui contrôle une grande partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

