Les négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC-M23 ont repris dimanche 1er février à Doha, au Qatar, dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Les pourparlers continuent et les discussions vont bon train », a déclaré Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation de l’AFC-M23, confirmant la relance du processus diplomatique sous médiation qatarie.
Cette reprise intervient alors que les violences s’intensifient dans l’est du pays.
Dans les Hauts-Plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, de violents affrontements opposent l’armée congolaise, appuyée par les groupes Wazalendo et l’armée burundaise, aux combattants Twirwaneho alliés à l’AFC-M23. Sur le terrain, la situation humanitaire continue de se dégrader, accentuant la pression sur les discussions en cours.
Parallèlement aux négociations de Doha, le président Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté d’un dialogue national inclusif, tout en posant des conditions strictes.
Lors des échanges de vœux avec le corps diplomatique à Kinshasa, il a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale.
« Dans ce contexte, l’unité nationale s’impose plus que jamais comme une exigence fondamentale. C’est pourquoi nous réaffirmons notre ouverture à un dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale, sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État congolais exige cependant que ce dialogue se tienne exclusivement sur le sol national et sous l’égide des institutions de la République, dans le strict respect de la Constitution.
Une condition rejetée par l’AFC-M23 ainsi que par plusieurs figures de l’opposition en exil, dont l’ancien président Joseph Kabila, condamné à mort par la justice congolaise.
Félix Tshisekedi a par ailleurs rappelé que ce dialogue interne ne saurait se substituer aux engagements internationaux de la RDC. « Il ne peut pas être invoqué pour relativiser une agression, ni pour diluer des responsabilités établies », a-t-il martelé.
De son côté, l’AFC-M23 accuse Kinshasa de saboter le processus de paix, affirmant que les forces gouvernementales détruisent des villages et massacrent des populations civiles, accusations que le gouvernement rejette.
Alors que les discussions se poursuivent à Doha, la réalité du terrain reste marquée par une forte instabilité militaire. Les pourparlers s’ouvrent ainsi sous haute tension, avec de lourds enjeux pour l’avenir de la paix dans l’est de la RDC.

