La tension monte dans le territoire d’Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, où des affrontements ont eu lieu entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés Wazalendo. Depuis trois jours, les activités sont paralysées dans la ville. Un groupe de la société civile et la coalition des miliciens Maimia s’opposent à la présence du Général Olivier Gasita, commandant adjoint de la 33ème région militaire du Sud-Kivu et Maniema.
L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) et son allié le MRDP-Twirwaneho ont menacé d’intervenir, accusant Kinshasa et ses alliés d’alimenter une dynamique de haine et d’épuration ethnique.
Dans un communiqué publié depuis Goma, Lawrence Kanyuka, chef du département de communication, a averti que l’AFC/M23 « ne tolérera plus la flambée barbare des discours de haine à Uvira, en Ituri et dans le reste de la République Démocratique du Congo tout comme les crimes abjects qui en découlent ».
Il accuse le régime de Félix Tshisekedi et ses alliés militaires de mener une « campagne meurtrière de haine et d’épuration ethnique » comparable à celle qui avait précédé la prise de Goma par l’AFC/M23 fin janvier dernier.
Dans ce communiqué, l’AFC/M23 rappelle que « la non-assistance à personne en danger constitue non seulement une faute morale, mais également une violation grave du Droit International Humanitaire ».
Le MRDP–Twirwaneho, mouvement d’autodéfense implanté dans les Hauts Plateaux de Minembwe et Fizi, partage ce constat et accuse ouvertement Kinshasa et Gitega de soutenir des offensives contre les Banyamulenge.
« Depuis ce matin, de violents bombardements lancés depuis Nyarurango visent les villages Banyamulenge de Rugezi, dans le but évident de progresser vers le centre de Minembwe », dénonce le communiqué publié le 3 septembre.

Le mouvement affirme que des troupes burundaises et des éléments FDLR ont franchi la frontière à Runingu pour renforcer les FARDC et les Wazalendo dans la zone.
« La présence de troupes étrangères engagées dans une mission à caractère génocidaire sur le sol congolais, malgré les accords en cours entre gouvernements, aggrave une crise sécuritaire et humanitaire déjà alarmante », écrit le MRDP-Twirwaneho.
« Nous ne nous soumettrons ni aux massacres, ni à l’occupation illégale des terres, ni aux déplacements forcés de notre population. Nous nous réservons le droit légitime de nous défendre et de repousser l’ennemi loin de toute zone où il pourrait constituer un danger », a-t-il déclaré.
Les deux mouvements appellent la communauté internationale à sortir de son silence.
« Le silence, l’inaction ou l’indifférence ne sauraient être tolérés face à ces atrocités », martèle l’AFC/M23, tandis que le MRDP-Twirwaneho exige un soutien humanitaire aux populations civiles Banyamulenge dans les zones enclavées de Minembwe.
Malgré les appels incessants au respect du cessez-le-feu conformément aux dispositions de l’accord de principe signé entre l’AFC-M23 et le gouvernement congolais à Doha, la crise persiste dans l’est de la RDC. Au Sud-Kivu, le village de Rugezi, en territoire de Fizi, a été le théâtre des affrontements entre les Wazalendo alliés aux FARDC et les Twirwaneho alliés à l’AFC-M23.

