Dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu, la société civile tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence des cas de justice populaire, qui inquiètent de plus en plus les habitants.
Elle appelle la population à se fier aux services de sécurité pour éviter que des innocents soient victimes de cette pratique, interdite par la loi congolaise.
Le dernier incident en date concerne un capitaine de l’armée congolaise, lynché aux environs de 21 heures par un groupe de présumés bandits dans la localité de Kamalondo. Ce militaire, dont l’identité n’a pas encore été officiellement révélée, avait une fonction de commandement dans la région.
Selon les témoins, les assaillants ont crié « voleur, voleur » pour attirer l’attention des habitants et justifier leur acte, malgré la réputation respectée de cet officier.
Face à la gravité de la situation, Thierry Gasisiro, rapporteur de la coordination territoriale de la société civile de Nyiragongo, a fermement condamné cet acte et rappelé que la justice populaire est interdite par la loi.
« Nous condamnons et décourageons la persistance de cas de justice populaire dans le territoire de Nyiragongo. Nous appelons la population à s’abstenir de la justice populaire, car la vie humaine est sacrée. Nous leur demandons de collaborer avec les services de sécurité et d’avoir confiance en eux », a-t-il déclaré.
M. Gasisiro a également exhorté les autorités à renforcer la confiance entre la population et les services de sécurité, soulignant que ce sont souvent des innocents qui tombent victimes de lynchages.

« Cette collaboration est essentielle pour garantir une sécurité plus juste et efficace dans le respect des droits humains », a-t-il ajouté.
Suite à l’assassinat de l’officier, les autorités locales, sous la supervision du chef du village Bugamba 1, Pascal Kibiriti, ont procédé à l’interpellation de plusieurs jeunes du quartier, dont les présumés auteurs de ce crime, dans le cadre de l’enquête.
« Ces arrestations visent à élucider les circonstances de cette attaque », a affirmé le chef Kibiriti, tout en notant que la tension demeure vive dans la localité, exacerbée par un climat d’insécurité persistant.
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Depuis le début de l’année, plusieurs cas de justice populaire ont été enregistrés dans différentes localités de Nyiragongo et de Goma. Parmi eux, un incident survenu le lundi 8 juillet 2024, vers 20 heures, à Turunga, où un individu, présumé militaire, a été pris à partie par des habitants en colère et est décédé des suites de ses blessures lors d’un lynchage.
D’autres cas récents incluent un incident dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 octobre 2024, aux environs de 3 heures du matin, dans le quartier Mabanga Sud, ainsi qu’un autre survenu dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 octobre 2024, aux alentours de 21 heures, au quartier Mugunga. Par ailleurs, trois autres présumés bandits ont été brûlés vifs après avoir été pris en flagrant délit de vol au quartier Virunga.






