Les services de sécurité ont intercepté plusieurs camions transportant des minerais sur différents axes de la province du Lualaba, notamment celui de Samukinda. Les véhicules ont ensuite été conduits au centre de négoce de Musompo, à Kolwezi, où ils restent immobilisés dans le cadre d’une opération visant à lutter contre la fraude minière et à renforcer la traçabilité des substances minérales.
Les cargaisons concernées sont constituées de cuivre et de cobalt, dont une partie était destinée aux centres de traitement, tandis que d’autres lots étaient en cours d’acheminement vers l’étranger.
Pour faire la lumière sur cette situation, une délégation venue de Kinshasa s’est rendue, le week-end dernier, sur le site de Musompo.
Cette mission avait notamment pour objectif de s’informer sur les conditions d’interception des camions et de vérifier les documents détenus par leurs propriétaires.
La délégation était conduite par le directeur général adjoint de la Direction générale de migration (DGM).
Elle comptait également dans ses rangs le directeur général adjoint de l’Entreprise générale du cobalt (EGC), un conseiller du chef de l’État ainsi que plusieurs représentants des services de sécurité. La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, a pris part à cette descente.
Sur le terrain, Trésor Mahamba, directeur provincial de l’anti-fraude et de la lutte contre la criminalité, a exposé le déroulement des opérations.
Une commission instituée par l’exécutif provincial a été chargée de passer au crible les documents des propriétaires des véhicules afin de déterminer ceux qui remplissent les conditions légales pour le transport des minerais.
« Nous procédons actuellement au contrôle des documents afin d’identifier les détenteurs de camions qui sont en règle. C’est dans ce cadre que nous avons convoqué les propriétaires des véhicules concernés, en vue d’assurer la traçabilité des minerais », a précisé Trésor Mahamba.
De son côté, Fifi Masuka Saïni a appelé les négociants à se conformer aux exigences légales qui régissent le secteur minier.
La gouverneure a rappelé que la vérification documentaire constitue une étape essentielle pour s’assurer de la régularité des opérations.
« Une commission sera chargée de vérifier vos documents afin de s’assurer de leur conformité. Nous devons travailler dans le strict respect de la légalité », a-t-elle souligné.
Outre les vérifications liées aux cargaisons immobilisées, la délégation a visité le laboratoire du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales (CEEC), installé à Musompo. Cette étape a permis aux visiteurs de s’informer sur les moyens techniques dont dispose cette structure pour analyser et caractériser les substances minérales.
Le directeur technique du CEEC, Daniel Mbayo, a présenté les capacités opérationnelles du laboratoire, qui assure notamment l’analyse des minerais, des métaux, des roches et des sols. Ses activités couvrent également les analyses environnementales, notamment celles de l’eau et des effluents.
D’après les explications fournies au cours de la visite, le laboratoire est doté d’équipements capables d’analyser jusqu’à 92 éléments chimiques. Il peut ainsi détecter des éléments présents en très faibles quantités et déterminer le degré de pureté des substances soumises à l’examen.
Ces analyses jouent un rôle important dans la caractérisation des minerais, leur certification marchande et la réalisation d’études géochimiques et environnementales.
À travers cette opération, les autorités entendent renforcer le contrôle des flux miniers dans le Lualaba, une province stratégique pour la production et l’exportation du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo.
Toutefois, les autorités n’ont pas encore rendu public le nombre exact de camions immobilisés ni précisé la nature de l’ensemble des irrégularités présumées. Les vérifications documentaires devraient permettre d’établir la situation des propriétaires concernés et la conformité des cargaisons transportées.






