L’ancien président congolais Joseph Kabila a été désigné lundi 12 octobre 2026 président du Front pour la refondation de la nation (FRN). Il s’agit d’un nouveau mouvement politico-militaire créé à Goma et appelé à succéder à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), selon une déclaration politique signée le 12 octobre par ses fondateurs.
Dans leur déclaration, les signataires affirment avoir décidé de « mutualiser leurs forces, ressources et moyens » pour créer un cadre d’action visant à « entreprendre l’œuvre de la libération de leur pays ». Ils présentent cette nouvelle structure comme une réponse à une crise qu’ils jugent à la fois politique, économique, sécuritaire, institutionnelle et sociale.
Joseph Kabila, qui a dirigé la République démocratique du Congo de 2001 à 2019, sera secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, ainsi que par le général-major Emmanuel Sultani Makenga, annoncé comme vice-président tout en conservant ses fonctions de chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC).
Le professeur Freddy Rukema Kaniki est désigné secrétaire général et coordonnateur du comité exécutif, tandis que Benjamin Mbonimpa devient secrétaire général adjoint et coordonnateur adjoint. Désiré Rukomera Rwigema est nommé secrétaire permanent du collège des fondateurs.
Les signataires accusent le pouvoir du président Félix Tshisekedi d’être responsable de la crise congolaise, évoquant notamment des violations de la Constitution, des atteintes aux droits humains, la corruption et la dégradation des conditions de vie.
Sur le plan sécuritaire, ils affirment que le chef de l’État a « choisi la guerre au lieu de la paix » et lui reprochent la gestion du conflit dans l’est du pays.
Le FRN affirme vouloir « mettre un terme à la tyrannie, par tous les moyens, y compris la force », et appelle les Congolais à rejoindre son projet.
Les signataires invoquent l’article 64 de la Constitution congolaise, qui reconnaît le devoir de faire échec à toute prise de pouvoir par la force ou à son exercice en violation de la Constitution. Ils reprochent également aux autorités de Kinshasa leur refus présumé d’un dialogue national inclusif et leur manque de volonté dans les initiatives de paix, notamment les négociations de Doha.
La déclaration annonce enfin la fin de l’existence de l’AFC et précise que le FRN lui succède « de plein droit ».
Les signataires présentent leur initiative comme une alternative politique destinée à reconstruire l’État, à garantir les droits des citoyens, à favoriser la réconciliation nationale et à permettre le retour des réfugiés et des exilés politiques. Le texte ne précise pas les modalités concrètes de cette transition ni les prochaines étapes opérationnelles du nouveau mouvement.





