Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé mercredi 23 septembre 2026 les autorités de la République démocratique du Congo à libérer « immédiatement et sans condition » la journaliste musicale Virginie Manganga, détenue à Kinshasa après une émission consacrée au chanteur congolais Fally Ipupa.
La journaliste a été interpellée le 20 septembre par cinq agents du parquet munis d’un mandat d’arrêt, alors qu’elle quittait les studios de la chaîne Antenne A, où elle venait de présenter son émission musicale, selon le CPJ. Elle est poursuivie pour diffamation et propagation de fausses nouvelles et pourrait encourir jusqu’à cinq ans de prison en cas de condamnation.
L’affaire fait suite à une émission diffusée le 25 août sur YouTube, au cours de laquelle Virginie Manganga avait reçu Collette Tuzaa, une femme affirmant avoir entretenu une liaison avec Fally Ipupa.
Selon le CPJ, Collette Tuzaa avait formulé ces accusations sur les réseaux sociaux quelques jours avant l’émission. La journaliste avait consacré environ deux heures à cette interview et avait également commenté les déclarations de son invitée.
Virginie Manganga a été entendue lundi au parquet en présence des avocats de Fally Ipupa, avant d’être déférée mardi devant le tribunal de paix de Kinshasa/Gombe, où elle a été placée en détention, selon les informations recueillies par le CPJ.
Le Comité pour la protection des journalistes réclame sa libération immédiate et sans condition.
« Les autorités congolaises doivent libérer immédiatement et sans condition la journaliste Virginie Manganga, dépénaliser la diffamation et rejoindre les pays africains qui ont déjà pris cette mesure », a déclaré Angela Quintal, directrice Afrique du CPJ.
Le directeur marketing de Fally Ipupa, Eddy Badiata, a déclaré au CPJ que le chanteur n’était ni à l’origine de l’arrestation de Virginie Manganga ni le plaignant dans la procédure visant la journaliste.
Les avocats du chanteur avaient toutefois annoncé, le 8 septembre, l’engagement de procédures judiciaires dans trois pays contre Collette Tuzaa, les personnes ayant relayé ses publications et celles ayant organisé des directs avec elle, selon le CPJ.
Cette affaire intervient quelques jours après la détention d’un autre journaliste congolais, Trésor Muntu. Ce dernier a été interpellé le 15 septembre et poursuivi pour diffamation et publication de fausses nouvelles après avoir partagé sur WhatsApp une publication d’un autre journaliste critiquant une responsable politique.
Pour le CPJ, les deux affaires illustrent les inquiétudes liées au recours aux poursuites pénales pour diffamation en République démocratique du Congo.
« La détention de deux journalistes pour diffamation et propagation de fausses nouvelles en une seule semaine montre que la RDC accentue la pression sur les médias », a estimé Angela Quintal.







