Le diocèse catholique de Goma est en deuil après le décès du révérend abbé Jacques Letakamba Paluku, prêtre diocésain, théologien et professeur d’université, survenu le mardi 4 août 2026 à Kinshasa, à l’âge de 60 ans, des suites d’une longue maladie, selon un communiqué de la chancellerie diocésaine.
Le prêtre est décédé alors qu’il se préparait à quitter le pays pour poursuivre des soins médicaux en Europe, selon des proches et plusieurs témoignages recueillis dans son entourage.
Né en 1966, l’abbé Jacques Letakamba était docteur en théologie de l’Université Paul-Verlaine de Metz, en France.
À son retour en République démocratique du Congo, il avait occupé plusieurs responsabilités ecclésiales et académiques, notamment comme chancelier du diocèse de Goma, vice-économe diocésain, curé de la paroisse Notre-Dame de l’Assomption de Birambizo, préfet du collège Mwanga et professeur au Grand Séminaire de Buhimba, à l’Université Catholique La Sapientia ainsi qu’à l’Université de Goma.
Auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la théologie et à la paix, parmi lesquels Évangélisation et guérison holistique et Le secret de la non-violence, il s’était imposé comme l’une des principales figures intellectuelles de l’Église catholique dans l’est de la RDC.
Musicien, organiste et compositeur, il laisse également une empreinte dans le patrimoine liturgique du diocèse, notamment à travers le chant Tuingie wote na furaha.
Ses proches rappellent aussi son engagement en faveur de l’environnement, lui attribuant la plantation de nombreux arbres au collège Mwanga et dans l’enceinte de l’évêché de Goma.
Le prêtre a longtemps accompagné la jeunesse, notamment comme aumônier des Petits Chanteurs du diocèse de Goma et enseignant de plusieurs générations de séminaristes et d’étudiants.
À l’Université Catholique La Sapientia, où il dispensait notamment des cours d’expression orale et écrite ainsi que de méthodologie de la recherche scientifique, ses anciens étudiants saluent un enseignant exigeant, attaché à la rigueur intellectuelle et à la transmission du savoir.
Pour beaucoup de ceux qui l’ont côtoyé, Jacques Letakamba appartenait à cette catégorie d’hommes dont l’œuvre dépasse la durée d’une existence. Comme l’écrivait le philosophe Paul Ricœur, « la mémoire est la présence de l’absent ».
À Goma, le théologien laisse moins le souvenir d’une carrière que celui d’une vie consacrée à former les consciences, à servir l’Église et à rappeler, dans une région meurtrie par les conflits, que la connaissance et la paix demeurent des chemins indissociables de la dignité humaine.

