L’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) a accusé, mercredi 24 juin 2026, les forces gouvernementales congolaises d’avoir bombardé l’hôpital général de Minembwe, dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu.
Dans un message publié sur son compte X, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, affirme que l’attaque a été menée à l’aide de drones de combat.
« À 14h00 ce mercredi 24 juin 2026, les forces coalisées du régime de Kinshasa ont bombardé, à l’aide de drones de combat, l’hôpital général de Minembwe, y compris le pavillon pédiatrique où sont pris en charge des enfants malades et particulièrement vulnérables », a déclaré Lawrence Kanyuka.
Selon lui, cette attaque s’inscrit dans une série de bombardements visant la région depuis plusieurs jours.
« Depuis le mardi 23 juin 2026, ces mêmes forces mènent une campagne de bombardements indiscriminés contre les populations civiles de Minembwe et de ses environs. Ces attaques ont déjà fait plusieurs victimes parmi les civils, notamment des femmes et des enfants », a-t-il ajouté.
Le mouvement politico-militaire affirme prendre « à témoin le peuple congolais et la communauté internationale face aux crimes de guerre commis par le régime de Kinshasa contre les populations civiles ».
Réagissant à ces bombardements, Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23 chargé des questions politiques, administratives, judiciaires et diplomatiques, a estimé qu’une attaque contre un établissement de santé constitue une violation grave du droit international humanitaire.
« Le bombardement d’un hôpital en temps de guerre est un crime de guerre. C’est l’un des principes les plus clairs du droit international humanitaire », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur les Conventions de Genève et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, Bertrand Bisimwa a rappelé que « diriger intentionnellement des attaques contre des hôpitaux et des lieux où sont rassemblés des malades et des blessés constitue un crime de guerre ».
Selon lui, les structures médicales bénéficient d’une protection particulière en période de conflit armé.
« Les hôpitaux, les ambulances, le personnel médical et les blessés sont protégés. Ils doivent être respectés et protégés en toutes circonstances », a-t-il insisté.
L’AFC/M23 estime que les auteurs d’une telle attaque pourraient être poursuivis devant des juridictions nationales ou internationales.
« Les commandants qui ordonnent ou les pilotes qui exécutent, en sachant qu’il s’agit d’un hôpital, peuvent être poursuivis devant des juridictions tant internationales que nationales », a soutenu Bertrand Bisimwa.
Pour rappel, les combats se poursuivent dans plusieurs zones de l’Est de la RDC malgré les initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois.

