La Mutuelle de Santé des Enseignants du Congo (MESP) est en place à Beni, au Nord-Kivu, depuis plusieurs années. Mais pour la Force Syndicale Nationale des Enseignants (FOSYNAT), le système doit être profondément réformé pour répondre aux attentes du corps enseignant.
Selon Judson Kasereka Mustari, enseignant à l’Institut Bungulu et président urbain de la FOSYNAT, la MESP fonctionne sur la base d’une cotisation mensuelle de 5 000 francs congolais retenue sur le salaire de chaque enseignant payé par l’État. Après recensement, chaque membre reçoit une carte d’accès aux soins.
« Voilà la MESP exactement : c’est une mutuelle de santé des enseignants qui a pour objectif d’assurer la prise en charge médicale des enseignants payés par l’État congolais », explique-t-il.
Les enseignants NU et leurs dépendants restent toutefois exclus du dispositif, ajoute-t-il. À Beni, la mutuelle collabore avec quatre structures de santé, une par commune : la Clinique Rwenzori, Santé Plus à Beu, Virunga à Mulekera, et l’Hôpital général de référence de Beni.
Certains enseignants bénéficient déjà de la mutuelle. C’est le cas de Neema Maliro, agent de la sous-division :
« Moi, j’ai déjà eu beaucoup d’avantages plus de deux fois. En 2024, j’avais accouché, on m’a bien traitée. Même cette même année, j’étais tombée malade. On m’a bien soignée. Merci beaucoup », se rappelle-t-elle.
La FOSYNAT pointe trois grandes difficultés
Le président urbain de la FOSYNAT dresse un constat plus critique. Premièrement, tous les enseignants payés ne sont pas couverts.
« Je prends l’exemple du territoire de Beni. La MESP existe là-dedans. D’ailleurs, elle n’existe même pas », dénonce Judson Kasereka, alors que les 5 000 FC sont prélevés.
Deuxièmement, la qualité des soins est jugée insuffisante :
« On retient nos 5 000 francs, mais on ne sent pas proportionnellement ces 5 000 francs. On va à l’hôpital et on vous propose juste un paracétamol. »
Troisièmement, la MESP ne prend pas en charge les dépendants ni les évacuations à l’étranger. Nous avons tenté de joindre les structures sanitaires partenaires de la MESP, mais sans succès.

