Le parquet près le tribunal de grande instance de Bunia a procédé ce mercredi à la destruction par incinération d’un important lot de boissons fortement alcoolisées saisies par les services de contrôle et de sécurité. Cette opération, supervisée par la procureure de la République, Edoxi Maswama, vise à protéger la santé publique et à lutter contre la consommation de produits jugés dangereux pour la population.
S’exprimant lors de la cérémonie, la magistrate a indiqué que cette décision découle du constat alarmant de la prolifération des boissons fortement alcoolisées dans la province de l’Ituri.
« En arrivant en Ituri, j’ai constaté que la province faisait face à un véritable fléau lié à l’importation, à la distribution et à la consommation de ces boissons. Nous avons donc décidé de procéder à leur destruction afin de protéger la population et de préserver l’ordre public », a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette opération ne constitue nullement un bras de fer avec les commerçants, mais une mesure de protection de la santé des consommateurs, particulièrement des jeunes, souvent exposés aux conséquences néfastes de ces produits.
La procureure a rappelé que la réglementation congolaise encadrant la commercialisation des boissons alcoolisées a connu plusieurs évolutions. Un arrêté ministériel de 2009 limitait initialement le taux d’alcool autorisé à 22 degrés, avant qu’un autre texte adopté en 2010 ne relève ce seuil à 43, voire 45 degrés. Une situation qui, selon elle, a créé des interrogations quant à la conformité et à l’innocuité des produits présents sur le marché.

Afin d’éclairer cette question, le parquet a sollicité des analyses scientifiques. Des échantillons ont d’abord été soumis à l’Office congolais de contrôle (OCC) pour vérifier leur conformité aux normes déclarées. D’autres expertises ont ensuite été réalisées pour évaluer leur niveau de toxicité.
Les résultats des analyses ont révélé plusieurs irrégularités. D’après les conclusions présentées par les experts du parquet, certaines boissons affichaient sur leurs étiquettes des teneurs en alcool de 43 % ou 45 %, alors que les analyses ont démontré des concentrations largement supérieures.
Les experts ont également relevé la présence de substances susceptibles de représenter un risque pour la santé des consommateurs.
Face à ces constats, le parquet a estimé nécessaire de retirer définitivement ces produits du circuit de consommation en procédant à leur destruction publique.
Les autorités judiciaires ont par ailleurs réaffirmé leur détermination à poursuivre les contrôles et à sanctionner toute importation ou commercialisation de boissons ne respectant pas les normes en vigueur en République démocratique du Congo.
Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts engagés par les autorités pour renforcer la protection de la santé publique et lutter contre les effets sociaux liés à l’abus d’alcool dans la province de l’Ituri.

