La capitale congolaise, Kinshasa, s’apprête à accueillir ce lundi 22 juin 2026 le président burundais Évariste Ndayishimiye, attendu pour une visite d’État de quarante-huit heures.
Selon une note de la présidence congolaise, cette visite est placée sous le signe du dialogue stratégique et du renforcement des relations bilatérales entre le Burundi et la République démocratique du Congo.
Invité par le chef de l’État congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le dirigeant burundais effectuera un déplacement officiel marqué par un cérémonial d’accueil à l’aéroport international de N’Djili, où son homologue congolais est attendu en personne.
Au programme figurent des entretiens en tête-à-tête à la Cité de l’Union africaine, suivis d’une conférence de presse conjointe destinée à présenter les principaux axes de convergence entre les deux pays.
Les discussions devraient essentiellement porter sur les enjeux sécuritaires dans la région des Grands Lacs, la coordination des efforts contre les menaces transfrontalières, ainsi que la coopération sanitaire, notamment dans la lutte contre les épidémies récurrentes comme la maladie à virus Ebola.
Cette visite intervient dans un contexte régional sensible, marqué par la fragilité des équilibres sécuritaires et les efforts des États de la région pour renforcer leurs mécanismes de concertation politique et militaire.
Elle intervient également après les récents revers subis par l’armée congolaise et burundaise ainsi que leurs alliés dans les Hauts-Plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, lors des opérations visant à reprendre Minembwe Centre, considéré comme un bastion du groupe Twirwaneho, allié à l’AFC-M23.
La République démocratique du Congo et le Burundi sont liés par un accord bilatéral de défense signé le 6 mars 2023. Cet axe sécuritaire majeur se traduit par une mutualisation des forces, des échanges de renseignements et le déploiement de milliers de soldats burundais sur le sol congolais pour appuyer les FARDC.
Présents en première ligne, les contingents burundais soutiennent les opérations des FARDC dans la province du Sud-Kivu, notamment dans les Hauts-Plateaux de Minembwe contre les Twirwaneho, une force locale d’autodéfense alliée à l’AFC-M23.
Cependant, le Twirwaneho et le Collectif des avocats des Banyamulenge accusent formellement l’armée burundaise (FDN) de mener une campagne d’extermination et d’épuration ethnique visant la communauté Banyamulenge dans les Hauts-Plateaux de Minembwe.
La présence du président burundais, également en exercice à la tête de l’Union africaine à Kinshasa, confère à ce déplacement une dimension continentale, au-delà du seul cadre bilatéral.

