La tension sociale est montée d’un cran ce lundi 1er juin 2026 au sein de la société minière CMOC Tenke Fungurume Mining (TFM), dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo. Des centaines de travailleurs congolais ont observé un arrêt de travail et organisé une marche pacifique pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de détérioration continue de leurs conditions de vie et de travail.
Dans un mémorandum adressé à la direction générale de l’entreprise, les employés dénoncent plusieurs difficultés affectant leur quotidien sur le site minier. Ils évoquent notamment une alimentation devenue insuffisante dans les réfectoires, des logements préfabriqués vieillissants et parfois insalubres, ainsi que les difficultés de l’hôpital de la société, confronté, selon eux, à des ruptures récurrentes de médicaments et d’intrants médicaux essentiels.
Pour les grévistes, cette situation résulte d’une politique de réduction des coûts menée au détriment du bien-être des travailleurs. Ils estiment que les sacrifices qui leur sont demandés contrastent avec les performances économiques de l’entreprise et leur contribution au développement du secteur minier congolais.
Au-delà des revendications liées aux conditions matérielles, les manifestants dénoncent également des inégalités de traitement entre travailleurs congolais et expatriés. Selon eux, des disparités persistent dans plusieurs domaines, notamment le logement, le transport et les services de restauration.
Les protestataires accusent par ailleurs certains responsables de comportements discriminatoires et de mauvaise gestion. Des critiques visent notamment des services administratifs, de sécurité, de santé et de gestion du personnel.
La promotion des compétences nationales figure également parmi leurs principales préoccupations. Les travailleurs estiment que de nombreux cadres congolais qualifiés sont écartés des postes de responsabilité au profit d’expatriés dont les compétences seraient parfois inférieures à celles des candidats locaux.
Ils dénoncent en outre ce qu’ils considèrent comme un non-respect des dispositions légales en matière de sous-traitance. Selon eux, l’entreprise privilégierait certaines sociétés étrangères au détriment des entreprises congolaises, limitant ainsi les retombées économiques locales.
Face à cette situation, les travailleurs exigent notamment la révision du budget consacré à la restauration, la réhabilitation des logements du personnel, l’amélioration des services médicaux ainsi que l’application stricte du principe d’égalité professionnelle entre employés nationaux et expatriés. Ils réclament également le remplacement de certains responsables qu’ils jugent à l’origine du climat de mécontentement actuel.
Les grévistes préviennent que si leurs revendications ne trouvent pas d’écho favorable auprès de la direction, ils se réservent le droit de saisir les autorités compétentes ainsi que les instances nationales et internationales chargées de la protection des droits des travailleurs.
Sur le terrain, le mouvement a déjà eu un impact sur le fonctionnement de plusieurs services de production. Cette mobilisation met en lumière un profond malaise social au sein de l’un des plus importants complexes miniers de la République démocratique du Congo, dont les activités occupent une place stratégique dans l’économie nationale.

