Le président français Emmanuel Macron a estimé mardi 12 mai 2026 qu’une politique de sanctions précipitées contre le Rwanda risquerait de compliquer les efforts diplomatiques dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une interview accordée à France 24 et RFI, Emmanuel Macron a mis en garde contre une approche consistant à isoler Kigali dans le sillage des décisions prises par les États-Unis.
« Si on se précipite parce que les Américains l’ont fait à mettre le Rwanda au ban, il y a peu de chances de convaincre le Rwanda d’avoir une politique coopérative », a déclaré le chef de l’État français.
Le président français a plaidé pour une approche régionale basée sur des discussions entre les différents acteurs impliqués dans le conflit.
« Je crois plus dans la vertu du dialogue avec les deux dirigeants principaux. Un dialogue qui doit aussi engager l’Ouganda, le Burundi et qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi », a ajouté Emmanuel Macron.
Les relations entre Kinshasa et Kigali sont tendues depuis la résurgence du mouvement politico-militaire AFC/M23 qui s’oppose à Kinshasa.
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir l’AFC/M23, qui s’oppose au régime de Kinshasa. Kigali, de son côté, accuse les autorités congolaises d’armer et de soutenir les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda, accusées de génocide contre les Tutsi en 1994, qui a fait des milliers de morts.
En mars, les États-Unis ont annoncé plusieurs sanctions ciblées contre plusieurs hauts gradés de l’armée rwandaise accusés de soutenir le mouvement politico-militaire AFC/M23. Après ces sanctions, le Rwanda avait jugé unilatérales les décisions américaines.

