Le président français Emmanuel Macron a, dans une déclaration mardi, affiché son refus de s’aligner sur une logique de sanctions qu’il juge peu efficace pour résoudre la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Depuis Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, le chef de l’État français a défendu une approche diplomatique fondée sur le dialogue régional et la relance des mécanismes de médiation.
Interrogé par France 24, RFI et TV5 Monde, Emmanuel Macron a exprimé ses réserves quant à l’impact réel des mesures américaines prises récemment contre des responsables militaires rwandais.
Pour Paris, une politique d’isolement risquerait davantage de rigidifier les positions de Kigali que de favoriser une désescalade durable dans la région des Grands Lacs.
Le président français a reconnu que les initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois n’avaient pas permis de rétablir pleinement la stabilité dans l’est congolais. L’accord de paix conclu sous médiation américaine en décembre dernier peine encore à produire des résultats visibles sur le terrain, où les violences persistent malgré les engagements pris par les différentes parties.
Dans ce contexte, Emmanuel Macron estime qu’une multiplication de sanctions collectives contre le Rwanda pourrait compromettre les chances d’une coopération régionale. Selon lui, la priorité doit être donnée à un dialogue direct entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, avec l’appui des États voisins et des organisations régionales. La position française marque ainsi une nuance importante par rapport à la stratégie adoptée par Washington.
En mars dernier, les États-Unis avaient annoncé des sanctions ciblées contre plusieurs hauts responsables rwandais des Forces de défense du Rwanda (RDF), accusés de soutenir le Mouvement politico-militaire AFC-M23. Ces mesures comprennent notamment le gel d’avoirs sous juridiction américaine et l’interdiction de transactions avec des citoyens ou entreprises des États-Unis.
Après la décision américaine, le Rwanda avait dit regretter des sanctions américaines jugées « unilatérales », estimant qu’elles « déforment les faits » du conflit dans l’est de la RDC et ciblent injustement « une seule partie » au processus de paix.
Paris, de son côté, privilégie une approche multilatérale élargie.
Emmanuel Macron plaide pour une remise à la table de l’ensemble des acteurs régionaux, notamment l’Ouganda et le Burundi, afin d’aborder simultanément les enjeux sécuritaires, économiques et politiques qui alimentent les tensions dans la région.

