Les coalitions Notre Terre Sans Pétrole (NTSP) et Stop EACOP expriment leur inquiétude dans un communiqué mardi 12 mai 2026 face au manque de transparence entourant les discussions sur une coopération pétrolière transfrontalière dans le Graben Albertin. Déclaration qui fait suite au communiqué conjoint publié le 11 mai 2026 par les présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni, lors de la visite officielle du chef de l’État congolais en Ouganda.
Selon ces organisations, dans le point 6 du communiqué, les deux États indiquent avoir discuté de la gestion des ressources naturelles transfrontalières du Graben Albertin, notamment autour du lac Albert et du lac Édouard, ainsi que de projets conjoints dans le secteur de l’énergie.
« Ces inquiétudes sont renforcées par les déclarations du président ougandais Yoweri Museveni, qui a indiqué que le président Félix Tshisekedi avait proposé une participation de la RDC aux infrastructures pétrolières développées par l’Ouganda », explique-t-il.
Un gisement pétrolier partagé entre les deux pays pourrait faire l’objet d’une coopération plus poussée. L’Ouganda a déjà développé un oléoduc et travaille sur une raffinerie.
« Une telle orientation ferait courir le risque d’une accélération concrète de l’exploitation pétrolière dans l’Est de la RDC, avec des conséquences majeures pour les communautés de pêcheurs, les ressources en eau et les écosystèmes du Graben Albertin. Cependant, aucun des deux gouvernements n’a publiquement clarifié la portée de ces discussions, leur calendrier, leurs implications environnementales ou les communautés potentiellement affectées », ont déclaré les coalitions Notre Terre Sans Pétrole (NTSP) et Stop EACOP.
Elles ajoutent que les projets Tilenga, Kingfisher et EACOP font déjà l’objet d’accusations de violations des droits humains, de pertes de moyens de subsistance et de déplacements forcés en Ouganda et en Tanzanie.
NTSP et Stop EACOP dénoncent également l’absence de consultation effective des communautés affectées. Ces organisations déplorent que les gouvernements congolais et ougandais poursuivent des discussions stratégiques autour des ressources du Graben Albertin sans évaluation indépendante des impacts ni participation réelle des populations concernées.
« Ce qui se négocie aujourd’hui risque d’enfermer davantage la région dans un modèle où les richesses profitent aux compagnies pétrolières et aux élites politiques, tandis que les communautés subissent les déplacements, la pollution et la perte de leurs moyens de subsistance. Les gouvernements de l’Ouganda et de la RDC ne peuvent pas cacher ces discussions au public », déclare Zaki Mamdoo, coordinateur de la coalition Stop EACOP.
Les deux coalitions appellent les gouvernements de la RDC et de l’Ouganda à garantir des discussions transparentes, inclusives et participatives sur la gestion des ressources naturelles du Graben Albertin, avec une réelle prise en compte des demandes et préoccupations des communautés locales, et à suspendre toute nouvelle expansion pétrolière transfrontalière dans la région du Graben Albertin tant que des garanties environnementales, sociales et démocratiques suffisantes ne sont pas établies.

