La réduction annoncée du prix du carburant par le gouvernement central tarde encore à produire ses effets dans la ville de Bunia. Dans plusieurs stations-service, le litre d’essence continue d’être vendu à près de 5 000 francs congolais, une situation qui suscite des inquiétudes parmi les conducteurs de taxis-motos et de voitures.
Ces derniers affirment que cette hausse persistante affecte sérieusement leurs activités quotidiennes. Selon eux, l’augmentation du coût du carburant entraîne automatiquement une hausse des frais de transport et réduit considérablement leurs bénéfices.
Face à cette réalité, plusieurs taximen demandent aux autorités de veiller à l’application effective des mesures annoncées récemment, notamment la réduction temporaire de certaines taxes sur les produits pétroliers pendant une période de 45 jours.
Réagissant à cette question, le notable de l’Ituri, John Kabwa Nduru, estime que la problématique du carburant dans la province est avant tout liée aux difficultés d’approvisionnement. Il rappelle que le carburant consommé en Ituri provient majoritairement du Kenya, contrairement à Kinshasa qui bénéficie des installations de SEP Congo pour l’acheminement et le stockage des produits pétroliers.
Pour lui, cette différence logistique explique les écarts de prix observés entre la capitale et les provinces de l’Est du pays. Il juge également injuste que les populations congolaises paient des prix différents pour un même produit selon leur province.
Afin de trouver une solution durable, John Kabwa Nduru recommande au gouvernement congolais d’investir dans le transport fluvial à travers l’acquisition de bateaux modernes capables d’acheminer le carburant depuis Kinshasa vers la Grande Orientale. Une initiative qui, selon lui, pourrait réduire les coûts liés au transport et soulager les habitants de cette région.
Au niveau national, des discussions ont eu lieu le 4 mai 2026 entre le caucus des parlementaires de l’Ituri, le Vice-Premier ministre chargé de l’Économie et les opérateurs du secteur pétrolier. À l’issue de ces échanges, un tarif officiel de 4 200 francs congolais pour l’essence et de 5 000 francs pour le mazout a été retenu.
Malgré cette décision, les prix affichés dans plusieurs stations-service de Bunia restent inchangés. Des acteurs du secteur pétrolier évoquent notamment les multiples taxes, les frais de transport ainsi que les contraintes logistiques comme principales raisons de cette situation.

