Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a annoncé, mardi 5 mai 2026, la suppression du permis de culte.
L’annonce a été faite par le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko, devant la chambre haute du Parlement (Sénat).
Guillaume Ngefa Atondoko répondait à une question du sénateur Muya Muboyayi Martin, qui avait affirmé que ce dispositif n’avait aucun fondement légal.
Le ministre de la Justice a rappelé que la liberté de religion est garantie par la Constitution.
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion », a-t-il déclaré.
Dans ce cadre, l’État n’impose pas d’autorisation pour pratiquer une religion. Cependant, pour exister légalement comme structure, une église doit obtenir une personnalité juridique conformément à la loi.
Le problème, selon le ministre, provient d’un dispositif instauré en 2024 par une circulaire administrative. Ce permis d’exercice du culte imposait aux pasteurs et responsables religieux de payer une taxe pour exercer, une pratique qu’il dénonce fermement.
« En droit positif congolais, il n’existe pas de permis de culte », a-t-il déclaré, ajoutant que ce système constituait une entrave arbitraire à la liberté religieuse et une violation manifeste du cadre légal.
Le ministre révèle que les montants exigés ont dépassé les 100 dollars par pasteur dans certains cas, alors que la taxe initiale était fixée à 25 dollars.
Les enquêtes ont révélé plusieurs irrégularités, notamment l’absence de base légale pour percevoir ces fonds, le manque de cadre budgétaire et surtout l’absence de traçabilité des sommes collectées.
« Les fonds n’ont pas été reversés au Trésor public comme l’exigent les règles », a-t-il souligné.
Face à ces constats, le gouvernement a décidé d’agir. Le ministre annonce avoir supprimé purement et simplement cette exigence dès sa prise de fonction. Désormais, seules les démarches prévues par la loi restent valables.
Kethia Rugamika

