La recrudescence des violences en province de l’Ituri continue de susciter de vives réactions au sein de la société civile. Obed Byaruhanga, notable et acteur socio-politique, tire la sonnette d’alarme face aux massacres perpétrés contre les civils dans les territoires de Mambasa, Djugu et Irumu, qu’il attribue aux rebelles ADF et à la milice CODECO.
Dans une déclaration, il dénonce une « barbarie qui ne dit pas son nom » et fustige ce qu’il qualifie de silence complice des autorités sous état de siège. « C’est connu en Ituri : ce sont ADF et CODECO qui tuent nos populations. Pourtant, les autorités de la place ne veulent pas en parler, elles préfèrent produire des vidéos mensongères pour plaire à Kinshasa », a-t-il martelé.
Pour ce notable, le régime de l’état de siège instauré depuis près de cinq ans est un échec. Il accuse les autorités nationales et provinciales de détourner l’attention en désignant des boucs émissaires, pendant que la situation sécuritaire se détériore davantage.
Il déplore également l’abandon des populations, la multiplication des déplacés internes vivant dans des conditions précaires, ainsi que la réintégration présumée de certains auteurs de violences sans qu’ils ne soient jugés.
Face à cette situation, Obed Byaruhanga appelle à briser l’omerta et à reconnaître la réalité des violences afin de mieux y faire face. Il estime que l’État congolais peine à assurer la protection des civils face aux ADF et à la CODECO, laissant la population dans un climat de peur et de désolation, notamment dans le territoire de Mambasa où les cris de détresse continuent de se multiplier.

