L’Ouganda se prépare à élire son président le 15 janvier, dans un climat électoral déjà marqué par des tensions et des mesures de répression.
Le scrutin oppose Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, à Robert Kyagulanyi, ancien rappeur devenu homme politique sous le nom de Bobi Wine, qui se présente pour la deuxième fois après sa tentative en 2021.
Bobi Wine dénonce depuis des années la mainmise autoritaire du gouvernement et les fraudes électorales.
À quelques jours du vote, les autorités ont annoncé une coupure totale d’internet pendant quatre jours, plongeant des millions d’Ougandais dans le silence digital.
Ce type de mesure, déjà observé dans d’autres pays africains, suscite de vives inquiétudes sur la liberté d’information et d’expression, et alimente les craintes d’un scrutin inéquitable.
À 81 ans, Yoweri Museveni est donné favori, confortant sa place sur le podium des dirigeants africains ayant exercé le pouvoir le plus longtemps.

Bobi Wine, lui, « ne se fait guère d’illusion » sur le résultat, dénonçant régulièrement le virage autoritaire du pouvoir et les fraudes potentielles. L’ONU met en garde contre un climat de « répression et d’intimidation généralisées », tandis que des manifestations récentes en 2024 avaient déjà mobilisé la jeunesse ougandaise face à des scandales de corruption et à une gouvernance perçue comme léthargique. Le contexte régional souligne un pattern préoccupant.
En Tanzanie, la présidente Samia Suluhu Hassan a récemment été désignée « tyran de l’année » par l’ONG britannique Index on Censorship, pour la répression et les atteintes à la liberté d’expression lors de la présidentielle d’octobre dernier.
Ce scrutin avait été remporté officiellement avec plus de 97 % des voix, sur fond de violences et d’arrestations massives. Les bilans restent incertains, mais certaines estimations font état de 800 à 2 000 victimes en trois jours.
En Ouganda comme ailleurs, le scrutin du 15 janvier s’annonce donc déterminant pour l’avenir démocratique du pays, dans un contexte où autoritarisme, coupures numériques et méfiance vis-à-vis du processus électoral nourrissent un climat de défiance et de tensions sociales.

