Les activités socio-économiques sont paralysées ce mercredi 7 janvier 2026 en territoire de Lubero, au Nord-Kivu, suite à l’appel de la coordination territoriale de la société civile forces vives, qui dénonce la dégradation de la sécurité dans cette partie de l’est de la RDC.
Boutiques, magasins, pharmacies et autres activités sont fermées depuis la matinée.
La société civile évoque des cas de tortures, tueries et assassinats survenus entre le 2 octobre 2025 et le 5 janvier 2026, avec au moins cinq victimes recensées.
Les habitants pointent du doigt la plupart des éléments des FARDC et des volontaires pour la défense du territoire (VDP) incontrôlés comme principaux auteurs de ces exactions. Ils sont également accusés de tracasseries, intimidations, extorsions, vols de bétail et violences sexuelles.
Cette structure citoyenne s’inquiète du « silence des autorités face à ces incidents ».
Les forces vives de Lubero ont exprimé mardi 6 janvier leur inquiétude face à l’attitude des autorités communales et territoriales, malgré les alertes répétées sur l’insécurité persistante.
Une grève sèche
Selon la société civile, c’est suite à ce constat amer sur la situation sécuritaire que « une grève sèche » est décrétée dès ce mercredi sur toute l’étendue
de la commune.

« Les forces vives de la commune de Lubero appellent dès maintenant toute la population, à sécher toutes les activités socio-économiques et scolaires jusqu’à la satisfaction de nos revendications », a-t-elle déclaré.
La population exige notamment : la prise en charge des frais funéraires des victimes et le soutien aux familles survivantes ;
l’interpellation de l’administrateur militaire, du bourgmestre et des membres du comité local de sécurité ;
l’intervention de l’organe judiciaire local dans 72 heures et l’organisation d’audiences foraines ;
la délocalisation dans 72 heures du camp Maï-Maï des Kasindiens basé à Vukano ;
la démilitarisation de la commune par le cantonnement des militaires dans leurs camps et la permutation régulière des unités déployées depuis longtemps.
Dans le grand Nord du Nord-Kivu, les affrontements entre groupes Wazalendo mettent souvent en danger la vie des civils.
À Butembo dimanche dernier, le groupe du général autoproclamé Kakule Kaputu, alias « Tango Fort », s’est affronté à celui de son rival Fiston Njoli.
Le chef Maï-Maï Tango Fort a été abattu lors de ces combats. Les forces vives de Vulamba ont condamné ces violences en milieu urbain, appelant les Wazalendo à privilégier la non-violence et le dialogue pour régler leurs différends.

