Une nouvelle opération de rapatriement volontaire a eu lieu ce mardi matin à 10h 00 à la Grande Barrière de Goma. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), en collaboration avec les autorités congolaises et rwandaises, a supervisé le passage de 284 personnes vers le Rwanda.
« Nous avons traversé des situations difficiles au Congo, mais quand nous avons entendu que le HCR organisait notre rapatriement, j’ai pris la décision de rentrer chez moi au Rwanda », confie, les yeux embués, Habumugisha Mburano, l’un des rapatriés de ce mardi matin.
Comme lui, 284 personnes ont franchi la Grande Barrière de Goma pour regagner leur pays d’origine.
L’opération, supervisée par le HCR, a débuté à 10h 00. Selon les chiffres officiels, le convoi comptait 20 hommes, 72 femmes, 89 garçons et 103 filles, accompagnés de 4 encadreurs, dont trois Congolaises mariées à des Rwandais.
Selon les autorités de l’AFC/M23, la plupart sont des dépendants d’anciens combattants des FDLR, restés en RDC depuis plusieurs décennies.

Pour beaucoup, ce retour au Rwanda est un soulagement après des années d’errance. Francine Sekanabo, née en RDC de parents réfugiés de 1994, raconte son choix difficile.
« Nous avons vu la guerre s’aggraver, les tracasseries, les incursions armées couplées aux tueries… Voilà pourquoi j’ai décidé de retourner au Rwanda. Mes parents sont arrivés au Congo lors de la guerre de 1994. Moi, j’y suis née, mais la vie est devenue insupportable. Mon mari vit déjà au Rwanda, et pour ne pas être enrôlés de force, nous avons choisi de le rejoindre. »
Le HCR souligne que ces opérations s’inscrivent dans son mandat de solutions durables pour les réfugiés des Grands Lacs. Chaque rapatrié bénéficie d’un accompagnement logistique et d’un suivi pour faciliter sa réintégration au Rwanda.
L’opération s’est déroulée sous surveillance sécuritaire afin d’éviter tout incident à la frontière, dans un contexte régional marqué par une forte instabilité.
Malgré la complexité de la situation sécuritaire, les Nations Unies et les deux gouvernements affirment leur volonté de poursuivre ce processus, afin de permettre à d’autres familles de retrouver leurs racines et de reconstruire leur avenir.

