À l’approche des négociations entre Kinshasa et le M23 à Luanda, le docteur Denis Mukwege, gynécologue et prix Nobel de la paix, a lancé un appel pour une conférence internationale dédiée à la paix en République Démocratique du Congo (RDC). Dans une déclaration du 17 mars, il met en garde contre les dangers des négociations directes entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23, qualifiant cela de “grave erreur”.
“Une telle approche, menée sans une Conférence internationale pour la paix en RDC, pourrait refléter soit une méconnaissance des réalités sur le terrain, soit une trahison de la patrie.”
Mukwege souligne que le conflit armé en RDC à une forte dimension internationale, avec l’intervention directe du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi, ainsi que l’implication des pays de la SADC et de l’EAC. Il insiste sur l’intérêt stratégique de certains acteurs extérieurs pour les minerais congolais, essentiels à la transition numérique et énergétique.
Pour lui, une réponse adéquate à cette crise nécessite une approche internationale. “La crise sécuritaire dans l’est de la RDC n’est pas seulement un conflit interne,” prévient-il. Il appelle à un dialogue revitalisé autour de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, intégrant tous les acteurs concernés.

Mukwege soutient également la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle à un cessez-le-feu immédiat et demande au Rwanda de mettre fin à son soutien au M23. “Cette résolution est une avancée significative pour la paix en RDC et devrait prévaloir dans toutes les tractations diplomatiques,” déclare-t-il. Négocier sous la menace des armes reviendrait à “institutionnaliser la loi du plus fort”.
Il insiste sur la nécessité de dialogues inclusifs, impliquant tous les groupes armés actifs en RDC, afin de préserver la souveraineté nationale. Mukwege appelle à mettre un terme à l’initiative de dialogue avec le M23 dans le contexte actuel, exhortant les responsables politiques congolais à privilégier des solutions durables sans compromettre l’intégrité du pays, qu’il craint d’être “balkanisé”.











