La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a annoncé sur son compte X, ce mardi 26 novembre 2024, que Kigali ne lèvera pas ses mesures de défense. Cette déclaration intervient en réaction aux propos du ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, qui a récemment proposé une récompense pour toute arrestation de Paul Kagame, président du Rwanda.
« Le ministre de la Justice de la RDC, Constant Mutamba, portait un masque pour supporter l’odeur de pourriture dans la prison de Munzenze à Goma, à deux pas de la frontière rwandaise. Pendant ce temps, il tenait des discours de haine en kiswahili, incitant les prisonniers à pourchasser, dénoncer et tuer les “Banyarwanda”, y compris le président du Rwanda, en échange de leur liberté. C’est à ce genre de menace que le Rwanda fait face quotidiennement. Voilà pourquoi nos mesures défensives resteront en place », a affirmé Yolande Makolo.
Lors de son discours à la prison de Munzenze, le ministre de la Justice congolais avait mis en garde les détenus contre toute collaboration avec le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23 dans la province du Nord-Kivu.
La République démocratique du Congo et le Rwanda avaient pourtant signé, lundi dernier en Angola, un plan d’opérationnalisation dit CONOPS (Concept of Operations) lors de la 6ᵉ réunion ministérielle qui a réuni les ministres des Affaires étrangères des deux pays : Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda et Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC. Cette réunion s’est tenue sous la médiation de Tête António, ministre angolais des Affaires étrangères.

Ce plan inclut, entre autres, des opérations contre les FDLR et la levée des mesures de défense du Rwanda. Pour Kinshasa, cette levée implique le retrait des troupes rwandaises opérant illégalement en RDC. Toutefois, Kigali a toujours nié la présence de ses militaires sur le sol congolais. Selon des rapports des Nations unies, au moins 4 000 soldats rwandais combattent aux côtés des rebelles du M23 dans le Nord-Kivu, une accusation que Kigali rejette.
La déclaration de Yolande Makolo risque de compliquer davantage le processus de Luanda, qui vise à apaiser les tensions politiques entre Kinshasa et Kigali, exacerbées par la résurgence de la rébellion du M23.






