La question est aussi vieille que la guerre et les conflits armés, qui font des femmes et des enfants les premières victimes. Depuis des années, les acteurs de la protection de l’enfance tentent d’y répondre, mais le recrutement des enfants par les forces et groupes armés persiste. La réflexion aussi.
Pendant deux jours, un atelier interprovincial d’analyse contextuelle globale sur ce phénomène a été organisé à Bunia en Ituri, avec l’appui de la MONUSCO, rapporte Jean Tobi Okala, chef du département des communications stratégiques et de l’information publique de la MONUSCO, ce samedi 7 septembre 2024.
Plus de 33 860 enfants soldats, dont 13 000 filles au sein de 229 groupes armés…
Ainsi, du 5 au 6 septembre 2024, à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, 46 participants (dont 6 femmes) ont réfléchi sur cette problématique dans le cadre d’un atelier interprovincial d’analyse globale du contexte de recrutement et d’utilisation d’enfants par les forces et groupes armés.
Cet atelier a été organisé par le Réseau des organisations de la société civile, le Bureau pour le Volontariat, Enfance et Santé (BVES), le Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion communautaire et Stabilisation (PDDRC-S), en partenariat avec la Section de la Protection de l’Enfant de la MONUSCO.

Avec un double objectif : échanger des expériences sur les bonnes pratiques, les résultats et les défis dans la lutte contre le recrutement des enfants et autres violations graves perpétrées par les groupes armés, mais aussi actualiser la cartographie des groupes armés dans ces cinq provinces, ajoute notre source.
Les participants sont venus de cinq provinces de la RDC : Sud-Kivu, Nord-Kivu, Maniema, Tanganyika et Ituri. Parmi eux, des représentants d’organisations ou de structures étatiques (PDDRC-S, Division des Affaires sociales, Division du Genre, Famille et Enfants, FARDC, etc.) et non étatiques (ONG, UNICEF, MONUSCO, etc.).
Signalons que ces cinq provinces comptent à elles seules 229 groupes armés officiellement identifiés par le BVES, avec plus de 33 862 enfants soldats actifs (dont au moins 13 033 filles), enrôlés de gré ou de force, selon le Bureau pour le Volontariat, Enfance et Santé (BVES).
Ces enfants servent comme soldats de rang, cuisiniers, espions, porteurs de munitions, esclaves sexuels… Certains sont aussi initiés au fétichisme. En dehors du recrutement, ces enfants sont également victimes d’autres violences graves telles que les violences sexuelles, les mutilations ou meurtres. Sans parler des travaux lourds qu’ils sont obligés d’effectuer dans ces groupes armés.






