C’est une décision inattendue que le gouverneur militaire du Nord-Kivu vient de prendre dans le but de protéger l’environnement. Le général-major Peter Chirimwami vient d’interdire la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs, sachets, films et autres emballages en plastique.
Dans sa correspondance datée du 19 juin 2024, l’autorité provinciale pointe du doigt ces outils comme étant responsables de la pollution des écosystèmes.
« Les emballages non biodégradables portent atteinte, non seulement à la santé humaine et animale, mais également à l’environnement en polluant les écosystèmes. La lutte contre les effets du changement climatique causés par l’homme demeure une question épineuse d’ordre mondial. C’est pourquoi, conformément au Décret n° 17/018 du 30 décembre 2017, il est porté à la connaissance de toute la population de la Province du Nord-Kivu qu’il est interdit de produire, d’importer, de commercialiser et d’utiliser les sacs, sachets, films et autres emballages en plastique », écrit l’autorité.
Présents dans plusieurs boutiques et marchés à Goma, à la date de la publication de cette mesure, le gouverneur, conscient du problème, vient d’accorder un moratoire d’un mois pour écouler les stocks.
« Afin de permettre à toutes les parties prenantes de se mettre en ordre avec cette règlementation et me référant au rapport de l’équipe mixte chargée d’évaluer le stock existant des emballages ci-haut visés, j’accorde un moratoire d’un mois pour écouler les stocks disponibles des emballages non biodégradables », précise le communiqué.

Cette mesure est saluée par les acteurs environnementaux. Pour eux, cette décision est salvatrice en cette période où le changement climatique est l’une des préoccupations majeures.
C’est également l’occasion pour le gouverneur d’attirer l’attention des récalcitrants à la mesure.
« Passé ce délai, les mesures contenues dans l’Arrêté Provincial nº 01/175/CAB/GP-NK/2024 du 25 avril 2024 portant modalités de perception et d’affectation de la redevance et de la sanction pécuniaire de recyclage industriel des déchets en plastique ou autres matières non biodégradables au Nord-Kivu, seront appliquées. Les contrevenants subiront la rigueur de la loi », conclut-il.
Selon le rapport de la Banque Mondiale publié en 2018, le problème des déchets est particulièrement critique en ce qui concerne le plastique «qui pollue les océans et représente 90% des déchets marins. En 2016, le monde a produit 242 millions de tonnes de déchets plastiques, soit l’équivalent d’environ 24 000 milliards de bouteilles de 50 centilitres, du poids de 3,4 millions de baleines bleues ou de 1 376 Empire State Buildings. Le volume d’eau total contenu dans ces bouteilles pourrait remplir 4,8 millions de piscines olympiques ou 40 milliards de baignoires».
La pollution par les déchets plastiques est reconnue comme l’une des plus polluantes et des plus dangereuses. Elle souille les océans, menace l’environnement marin et finit par entrer dans la chaîne alimentaire sous forme de microplastiques. Les villes africaines s’enlisent dans les déchets plastiques. Les sacs sont emportés partout par le vent et finissent sur les arbres, les routes, les rivières, les lacs, dans les égouts et sur les plages. Par conséquent, les paysages, les plages et les parcs naturels d’Afrique, d’une beauté unique, ont été dégradés par l’avalanche de déchets plastiques.






