L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a déclaré irrecevable, mercredi 29 avril 2026, la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, mettant ainsi un terme au débat en plénière.
À l’origine de ce revirement, une motion incidentielle soulevée par le député Garry Sakata, qui a contesté la régularité de plusieurs signatures apposées sur la motion.
Selon lui, le seuil requis n’était plus atteint après vérification, conduisant la plénière à juger la démarche irrecevable.
Le président de la chambre basse, Aimé Boji, a annoncé la présence de 490 députés lors de cette séance, initialement convoquée pour statuer sur le sort du membre du gouvernement.
Portée par le député Laddy Yangotikala, la motion dénonçait notamment la gestion de la situation sécuritaire ainsi que des accusations d’entrave au fonctionnement des institutions.
Réagissant au rejet, l’élu s’est dit déçu : « Le peuple nous observe. De toute façon, j’ai fait ma part », a-t-il déclaré, rejetant les accusations sur la validité des signatures.
« Tous sont députés. J’ai d’ailleurs les vidéos filmées au moment des différentes signatures », a-t-il ajouté.
Malgré son rejet, cette motion révèle des tensions au sein même de la majorité présidentielle.
Selon plusieurs analyses, elle avait recueilli des signatures issues de 18 groupes parlementaires, en grande partie membres de l’Union sacrée de la Nation (USN). Le regroupement AFDC-A, proche de Modeste Bahati Lukwebo, figurait parmi les plus représentés, suivi notamment par des élus affiliés à Jean-Michel Sama Lukonde.
Sur le plan géographique, une majorité des signataires provenait des provinces de l’Est, notamment l’Ituri et la Tshopo, des zones particulièrement affectées par l’insécurité, traduisant un malaise persistant face à la gestion de cette crise.
Le rejet de cette motion ne met toutefois pas fin aux critiques visant la gouvernance sécuritaire, alors que la situation reste préoccupante dans plusieurs régions de la RDC.

