La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une nouvelle aggravation de sa crise humanitaire, avec plus de 83 000 personnes déplacées en l’espace d’une semaine dans les provinces du Tanganyika, de la Tshopo et du Haut-Katanga, selon des sources officielles.
Dans le Tanganyika, les violences intercommunautaires entre Twa et Bantu continuent d’alimenter des déplacements massifs. Environ 350 ménages ont fui Nyemba, tandis que près de 1 800 autres ont été contraints de quitter Muyombo, témoignant de la persistance de tensions locales profondément enracinées.
Plus au nord, dans la Tshopo, la situation apparaît particulièrement critique. Le territoire de Bafwasende a enregistré à lui seul 68 287 déplacés internes, contraints de fuir les exactions attribuées aux miliciens de la CODECO. Ce bilan s’alourdit avec 4 380 personnes supplémentaires déplacées une semaine plus tôt par les attaques des rebelles des ADF, accentuant la pression sur des communautés déjà fragilisées.
Dans le Haut-Katanga, les violences des miliciens Bakata Katanga ont également provoqué d’importants mouvements de population. À Pweto, 12 700 personnes ont été forcées de fuir, tandis que 460 autres ont été déplacées à Mitwaba.
Face à la multiplication des foyers de crise, le gouvernement congolais assure avoir renforcé son dispositif sécuritaire dans plusieurs zones sensibles.
« Les attaques des terroristes ADF/ISCAP, dans leur extension vers le Haut-Uélé et la Tshopo, ont été systématiquement repoussées grâce au renforcement des FARDC en hommes et en matériels dans le triangle Mambasa–Wamba–Bafwasende », affirme-t-il.
Malgré ces efforts, la dynamique des violences continue d’alimenter une crise humanitaire d’ampleur nationale. La ministre d’État en charge des Affaires sociales, Eve Bazaiba, alerte sur une situation désormais critique : plus de 7,3 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire en RDC, dont 5,38 millions de déplacés internes.
Les indicateurs sociaux restent tout aussi préoccupants. Plus d’un million d’enfants sont déscolarisés et près de 90 000 femmes ont été victimes de violences sexuelles, souvent dans des zones affectées par les conflits armés.
Selon les Nations unies, la RDC figure aujourd’hui parmi les pays les plus touchés par les déplacements forcés. Le pays compte environ 6,47 millions de personnes déplacées sur une population estimée à 113 millions d’habitants, ce qui le place au cinquième rang mondial, derrière le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine.
L’organisation prévient que ce chiffre pourrait atteindre jusqu’à 9 millions d’ici fin 2026, si la tendance actuelle se poursuit.

