Les inspecteurs et contrôleurs du travail ainsi que les agents administratifs nouvellement recrutés par l’État depuis le 17 octobre 2023 ont organisé, ce mercredi 19 juin 2024, une manifestation pacifique pour réclamer leur prise en charge et le paiement de plus de six mois d’arriérés de salaires devant l’hôtel du gouvernement. La réponse des forces de l’ordre, la Police Nationale Congolaise (PNC), a été d’une brutalité choquante.
Vers 10 heures du matin, les manifestants ont commencé à se rassembler devant l’hôtel du gouvernement. La PNC est intervenue rapidement, utilisant des gaz lacrymogènes, des matraques et des canons à eau pour disperser la foule. Des scènes de violence extrême ont été rapportées, avec des manifestants frappés, traînés au sol et arrêtés brutalement. Plusieurs témoins ont évoqué une intervention disproportionnée et injustifiée.

Depuis leur recrutement en octobre 2023, ces fonctionnaires n’ont perçu aucun salaire. La situation économique et sociale des inspecteurs et contrôleurs du travail ainsi que des agents administratifs est devenue insoutenable, ce qui les a poussés à manifester pour demander la régularisation de leur situation. Le rassemblement, prévu pacifiquement, avait pour but d’attirer l’attention des autorités sur leur sort.
Un inspecteur du travail, sous couvert d’anonymat, a déclaré : “Nous ne faisions que réclamer notre dû. Nous avons des familles à nourrir, des loyers à payer. La violence avec laquelle nous avons été traités est inacceptable.”
La violente répression de la manifestation des inspecteurs et contrôleurs du travail ainsi que des agents administratifs à Kinshasa soulève de graves questions sur la gestion des conflits sociaux et les droits démocratiques en République Démocratique du Congo. Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir de ce mouvement et pour la crédibilité du gouvernement dans sa capacité à répondre aux besoins légitimes de ses fonctionnaires.












