La MONUSCO n’est pas le seul acteur de la protection des civils en RDC ,outre les FARDC, la PNC ou encore la population elle-même, il y a aussi les compagnies de téléphonie mobile, dont le rôle est primordial dans la transmission des alertes sécuritaires.
Malheureusement à Fataki, dans le territoire de Djugu en Ituri, la connexion à l’internet et les réseaux de communication mobile sont presque absents.
Là où ils existent, ils sont de mauvaise qualité. Ainsi, par exemple, pour envoyer un message écrit ou passer un appel normal, cela ressemble à un parcours du combattant. « Il n’y a pas de réseau », entend-on très souvent; ou encore « la connexion est mauvaise »…
« La connexion est mauvaise… »
Dans les camps de déplacés dont elle assure la protection, comme à Gina, Jaiba1 et 2, Lodha…, la MONUSCO a formé des vigiles. Leur rôle est de donner l’alerte, grâce aux « numéros verts » que la MONUSCO leur a également fournis, en cas d’attaque imminente contre le camp. Mais ceux-ci affirment être incapables de jouer pleinement ce rôle, « parce-qu’il n’y a pas de connexion », comme l’explique cette vigile rencontrée dans le site des déplacés de Lodha lors d’une patrouille nocturne avec les casques bleus népalais de la Mission onusienne.

“Il arrive que nous ayons des informations à communiquer à la MONUSCO ou même aux FARDC, sur une attaque des CODECO… Mais à cause des réseaux qui sont quasi-inexistants, ces alertes arrivent avec beaucoup de retard aux destinataires, ce qui expose nos vies aux attaques de ces miliciens qui viennent nous attaquer jusqu’ici dans les camps. Nous demandons qu’on améliore la qualité des réseaux de communication”, poursuit cette vigile, sous anonymat pour raison de sécurité.
“Que prévoit le gouvernement congolais pour pallier ce problème ?”
“Le gouvernement a le pouvoir d’interpeller et de contraindre les compagnies de téléphonie mobile exerçant dans cette province, pour améliorer et intensifier leurs capacités de couverture et permettre aux services de sécurité d’intervenir en temps réel et sauver des vies”a déclaré, le Lt général Johnny Luboya Nkashama, Gouverneur militaire de l’Ituri.
Le gouverneur militaire de la province de l’Ituri qui le dit, est conscient de cette situation. Au cours d’un entretien qu’il a accordé à la délégation de journalistes venue de Beni et Kasindi jeudi 18 janvier 204, le général Johnny Luboya Nkashama promet que le gouvernement provincial de l’Ituri va entrer en contact avec les différentes sociétés de télécommunication oeuvrant dans la province pour améliorer la qualité de leurs réseaux.
“Même s’il le faut, nous allons les contraindre à installer suffisamment d’antennes dans ces zones dites rouges”, a-t-il déclaré. Les vies de centaines de milliers de personnes en dépendent, en effet.
Nos efforts pour atteindre les compagnies de télécommunication oeuvrant en Ituri n’ont pas encore abouti.
A lire aussi sur Kivumorningpost






