Les usagers de la route Goma-Masisi-Walikale traversent des moments difficiles suite aux tracasseries multiformes. En dehors d’un don d’argent destiné à l’achat des cigarettes que demandent les contrôleurs au niveau des différentes barrières, la nouvelle et l’ancienne carte d’électeur sont devenues des nouvelles sourcesde tracasseries aux point de contrôle de Mubambiro, Sake, Kingi, et l’entrée Mushaki en territoire de Masisi
Tout détenteur d’une ancienne carte électeur est pris pour un élément du M23 vers la barrière Mubambiro à Sake dans le territoire de Masisi. « J’ai ma carte d’électeur de 2018, mais je m’étonne quand j’arrive à la barrière de Mubambiro, les services y déployés ne tardent pas de nous assimiler aux rebelles du M23. Il me demande 10.000 FC pour que je puisse traverser cette barrière. Cette disposition concerne toute personne qui utilise cette route au quotidien. », « Je ne comprends pas comment les agents de services publics peuvent nous traiter de cette manière et pourtant ils savent bien que la centrale électorale n’a pas enrôlé tous les habitants. » témoigne un habitant.

Par ailleurs, dans des entités sous contrôle des Wazalendu, les porteurs de la nouvelle carte d’électeur sont traités d’inciviques. « Je viens de Goma, mais les wazalendu ne comprennent pas même qu’il y a eu enrôlement dans la ville de Goma et ils nous disent que nous n’avons pas l’amour de notre patrie. Dans leurs propos, comment expliquer que quelqu’un qui est un vrai congolais peut se contenter de prendre une carte d’électeur et pourtant ses frères et sœurs passent la nuit dans des brousses et forêts suite aux affrontements et bruits des cartouches. Et pour cela, au niveau de l’entrée Karuba ils nous demandent 5 000 FC pour que nous puissions partir, et lorsque vous hésitez, ils déchirent même votre carte d’électeur » dit un habitant rencontré à Mushaki.
Notons que la centrale électorale n’a pas encore fini avec le processus d’enrôlement des électeurs dans trois territoires de la province du Nord-Kivu. Ces territoires sont Nyiragongo, Masisi et Ruthuru. La CENI attribue ce retard au contexte sécuritaire difficile dans cette zone.
À lire aussi sur Kivumorningost






