La société civile de la province du Sud Kivu a émis un rapport sur le déroulement du projet PDL-145 Territoires, initié par la Présidence de la République de la République démocratique du Congo (RDC) dans le but de développer les milieux ruraux. Ce rapport met en évidence les préoccupations et les attentes de la société civile quant à la mise en œuvre effective de ce projet ambitieux dans la région.
Lancé lors d’un atelier en juillet 2022, le projet PDL-145 Territoires vise à réaliser des infrastructures telles que des écoles, des centres de santé, des routes de desserte agricole, des ouvrages d’art, des microcentrales solaires, des forages d’eau, des logements administratifs et des marchés dans 54 territoires répartis dans neuf provinces de la RDC, dont le Sud Kivu. Le financement du projet est estimé à 1,66 milliard de dollars américains, dont 610 millions sont alloués au PNUD, qui est chargé de la mise en œuvre du projet dans la province du Sud Kivu.
Cependant, depuis le lancement du projet, la société civile exprime des préoccupations quant à sa mise en œuvre effective. Une des préoccupations concerne la difficulté de distinguer ce projet des autres initiatives similaires en cours dans la région, telles que celles menées par le Fond social de la RDC, le Projet PICAGL et la MONUSCO. La société civile craint que ces projets se chevauchent et ne répondent pas aux besoins spécifiques de la population dans différents domaines et groupements.
Une autre inquiétude soulevée est la crainte que le projet PDL-145 Territoires ne connaisse le même sort que le programme 100 jours, qui n’a pas abouti à des résultats concrets dans le Sud Kivu. De plus, la société civile exprime des réserves quant à la possible implication de l’UNOPS dans le projet en raison de suspicions de détournement de fonds dans plusieurs projets antérieurs dans la région.

Malgré ces préoccupations, la société civile garde espoir quant à la réalisation réussie du projet PDL-145 Territoires. Elle souligne l’importance d’appuyer et de valoriser les organisations locales de la société civile, telles que la FEC, pour favoriser une plus grande adhésion de la population au programme. La société civile demande également à être pleinement impliquée dans le suivi du projet, conformément au cadre institutionnel établi par le Président de la République.
Le rapport fait également état de certaines avancées dans la mise en œuvre du projet. Des partenaires de mise en œuvre, tels que SAFRICAS et PROCOM, ont été sélectionnés pour la réalisation des infrastructures, et les travaux ont commencé dans certains territoires. Cependant, d’autres volets du projet, tels que le volet agricole, n’ont pas encore démarré.
Le rapport met en lumière des problèmes spécifiques rencontrés dans certaines zones, tels que des retards dans la mobilisation des ressources financières, le manque de communication efficace avec les populations locales, ainsi que des défis liés à la coordination des différents acteurs impliqués.
En conclusion, le rapport de la société civile souligne l’importance de prendre en compte les préoccupations et les attentes des acteurs locaux dans la mise en œuvre du projet PDL-145 Territoires. Il appelle à une plus grande transparence, à une coordination renforcée et à une implication accrue de la société civile pour garantir la réussite du projet et répondre aux besoins réels des populations rurales du Sud-Kivu.
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