Les activités commerciales restent paralysées ce mardi 3 novembre 2026 à Butembo, au Nord-Kivu, pour un deuxième jour consécutif. Galeries, boutiques, dépôts et kiosques restent fermés.
Les petits commerçants protestent contre la pression fiscale, la multiplicité des taxes et les contrôles effectués sur place par différents services de l’État.
Malgré les discussions engagées avec les autorités urbaines, les opérateurs économiques maintiennent leur mouvement de grève.
Lundi, les activités commerciales sont restées paralysées à Butembo, au Nord-Kivu. Galeries, boutiques, dépôts et kiosques ont gardé leurs portes closes malgré une réunion organisée le même jour à la mairie entre l’autorité urbaine et les représentants des commerçants.
Selon le responsable de la plateforme des syndicats et associations des opérateurs économiques, Kambale Tsongo Patrick, la rencontre s’est soldée par un échec.
« La réunion vient de se boucler en queue de poisson. Cela veut dire qu’il n’y a aucune solution. Dès maintenant, nous commençons à observer la grève », a déclaré Kambale Tsongo Patrick.
À l’origine de la mobilisation, la Synergie des associations, corporations et syndicats dénonce la multiplicité des taxes et les tracasseries administratives.
Les services mis en cause sont notamment la DGI, la DGRAD, la DGRNK et la DGDA, mais aussi l’Environnement, le Tourisme, l’Économie, l’Inspection du travail, la SONAS, la SOCODA et les PTNTIC.
« Il y a la DGRAD qui nous amène les agents avec la CPCC. Donc, en tout cas, c’est vraiment tous les services qui sont en train de nous menacer. »
Les opérateurs économiques dénoncent une surtaxation, notamment à travers la taxe professionnelle, qui étouffe leurs activités commerciales dans un contexte déjà marqué par l’insécurité, les massacres et le pillage des biens.
La rencontre organisée par le maire de Butembo ce lundi à l’hôtel de ville devait apporter une solution. Mais, selon Radio Moto, « l’autorité urbaine n’a pas convaincu ses hôtes » et « la réunion s’est terminée en queue de poisson ».
« Raison pour laquelle la grève continue et nous attendons les gens, ou soit les autorités, qui sont vraiment capables de donner des réponses concrètes. »
Cette paralysie intervient après une première tentative de médiation, le samedi 31 octobre, avec l’abbé Patrick Kasolene, conseiller du gouverneur du Nord-Kivu. Un compromis avait alors été annoncé, avec le report de la grève. Mais, sur le terrain, plusieurs galeries commerciales sont restées fermées.
Comme l’a rappelé le représentant des commerçants, Butembo est une ville essentiellement commerciale.
Les grévistes estiment que cette réalité n’est pas prise en compte dans la politique fiscale actuelle. Ils sollicitent désormais l’intervention directe du gouverneur militaire du Nord-Kivu sous l’administration de Kinshasa pour obtenir des allègements fiscaux et la fin des tracasseries.
Le mot d’ordre reste maintenu : les commerçants doivent rester à la maison jusqu’à l’obtention d’une solution durable.
Cette contestation fiscale ne concerne pas uniquement Butembo. À Kasindi, plusieurs camions restent bloqués depuis près d’un mois. Les opérateurs économiques y dénoncent également la hausse des taxes et des frais imposés par la Direction générale des douanes et accises (DGDA).




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