Trente ans après l’assassinat de son père et de ses trois jeunes frères, le Dr Freddy R. Kaniki , secrétaire exécutif du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) a appelé les Congolais à combattre la haine identitaire et à faire de la diversité du pays un facteur d’unité.
C’était lors d’une cérémonie commémorative organisée le 17 octobre à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Le 22 septembre 1996, son père et ses trois frères ont été tués par les forces armées zaïroises dans la province du Sud-Kivu.
Le Dr Freddy KANIKI affirme que les membres de sa famille avaient été ciblés en raison de leur identité banyamulenge et tutsi, ainsi que de leur appartenance à la nation congolaise.
« Leur vie leur a été arrachée non pour ce qu’ils avaient fait, mais à cause de ce qu’ils étaient : des Banyamulenge, des Tutsi, des Congolais », a déclaré le Dr Freddy Kaniki, en évoquant une tragédie qui a profondément touché sa famille.
Ce digne fils de haut plateau a expliqué que cette épreuve avait façonné son engagement en faveur de la coexistence pacifique et de la défense de l’égale dignité des citoyens. Il a affirmé avoir refusé de transformer sa souffrance en un motif de haine envers d’autres communautés.

« Je n’ai pas oublié. Je n’oublierai pas. Mais j’ai refusé que ma mémoire devienne une prison, ou que ma douleur devienne une arme contre d’autres », a-t-il déclaré.
Dr Freddy Kaniki a également évoqué l’héritage de son père, un pasteur qui prêchait l’amour du prochain, la tolérance et le pardon. Il a estimé que la poursuite de cet engagement constituait désormais une responsabilité personnelle.
« Que cette douleur soit un pont, jamais un mur ; une raison de rassembler, jamais un prétexte pour diviser », a-t-il lancé, appelant les Congolais à transformer les blessures du passé en une force au service des générations futures.
Le discours a également insisté sur le rôle des autorités dans la prévention des divisions identitaires. Pour Freddy Kaniki, les responsables publics doivent garantir la dignité de tous les citoyens, une justice égale et la sécurité des différentes communautés.
« Aucun Congolais ne devrait être sommé de prouver qu’il est chez lui à cause de son nom, de sa langue, de sa communauté ou de son visage », a-t-il affirmé.
Il a enfin plaidé pour une réconciliation fondée sur la vérité, la justice, la sécurité, le dialogue et des institutions qui traitent les citoyens sans discrimination liée à leurs origines.
« Refusons de léguer la haine en héritage. Ayons la force de nous reconnaître comme les enfants d’un même pays », a conclu Freddy Kaniki, appelant à bâtir un Congo fondé sur la paix, la dignité et le vivre-ensemble.







