Douze ans après les premiers massacres de civils à Ngadi, à Beni, au Nord-Kivu, la mémoire des victimes refuse de s’éteindre. Ce jeudi 16 octobre, sur le site de l’Université Officielle de Semuliki (UOS) à Beni, la société civile et les jeunes se sont réunis, bougies à la main, pour rallumer la flamme du souvenir et exiger justice.
Dans le silence recueilli de la soirée, des bougies ont été allumées pour chaque vie fauchée, chaque destin brisé par les violences qui continuent de frapper l’Est de la RDC. Charline Wakine a porté la voix des sans-voix, celle des jeunes filles enlevées par les rebelles ADF.
« Plusieurs jeunes filles ont été kidnappées et contraintes d’épouser des combattants ADF dans la brousse. Elles ont également été forcées d’avoir des enfants dans ces conditions inhumaines. Il faut imaginer à quel point cette blessure est profonde et douloureuse. Ces violences ont brisé leur jeunesse, bouleversé leur vie et compromis leur avenir », a-t-elle témoigné avec émotion.

Un témoignage poignant, suivi d’un appel à la solidarité pour aider ces mères et filles à se reconstruire. Face au temps qui passe et aux morts qui s’accumulent, Kambale Ngumayiri Georges a dénoncé l’indifférence.
« Nous regrettons que, douze ans après, les morts continuent de s’accumuler. Malheureusement, la communauté internationale reste silencieuse. À travers cette commémoration, nous voulons l’interpeller, ainsi que notre gouvernement, afin que cette guerre prenne définitivement fin. Nous sommes nés et avons grandi dans la guerre, et nous ne voulons pas que nos enfants vivent la même situation », ajoute-t-il.
Entre recueillement et colère contenue, la jeunesse de Beni a lancé un même message : préserver la mémoire, obtenir justice, réparer les préjudices et, enfin, offrir aux générations futures un Beni en paix.







