L’Alliance Fleuve Congo (AFC)-M23 a fixé au 15 octobre 2026 la rentrée académique 2026-2027 dans les zones qu’elle administre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Selon une note circulaire publiée mardi par la coordination politique de l’AFC/M23, plusieurs directives relatives au fonctionnement des établissements publics et privés d’enseignement supérieur et universitaire sont fixées.
Le coordonnateur adjoint chargé notamment de l’Éducation, le professeur Freddy R. Kaniki, indique que seuls les établissements classés « viables » ou « moyennement viables » à l’issue du contrôle de viabilité réalisé en 2025 sont autorisés à fonctionner.
Les établissements classés « non viables » devront, eux, présenter avant le 15 octobre un plan de redressement destiné à corriger les insuffisances constatées. Leur situation sera examinée au cas par cas.
La note précise également qu’un établissement qui n’a pas été soumis au contrôle de viabilité de 2025 ne pourra organiser d’activités académiques sans l’autorisation préalable de l’autorité compétente de l’AFC/M23.
La faculté de médecine et les filières des sciences de la santé devront obtenir une autorisation spéciale, après avis favorable de la Commission de contrôle de viabilité, poursuit la directive.
L’AFC/M23 demande par ailleurs aux établissements de respecter leurs capacités d’accueil et d’encadrement et interdit le recrutement massif d’étudiants au-delà des capacités disponibles.
Pour les inscriptions dans les classes montantes, les étudiants devront présenter un relevé de notes délivré par leur établissement d’origine et attestant leur qualification pour la classe sollicitée. Toute inscription effectuée en violation de cette disposition sera considérée comme nulle, précise la circulaire.
La note établit également que le DEA, le DES ou le master constitue le niveau minimal requis pour dispenser des enseignements dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
Les établissements sont par ailleurs appelés à numériser les attestations de fin d’études délivrées entre 2021 et 2026 afin de faciliter provisoirement l’accès des nouveaux diplômés à l’emploi et aux stages, dans l’attente de la délivrance de leurs diplômes.
La circulaire rappelle aux enseignants du secteur public l’obligation de respecter leur charge horaire réglementaire dans leurs établissements d’attache, notamment pour les enseignements, l’encadrement des étudiants, les évaluations, les défenses, les délibérations et les réunions statutaires.
Avant toute prestation dans un établissement privé, ils devront obtenir l’autorisation préalable de leur établissement d’attache, selon le document.
La coordination politique encourage également les établissements à développer des partenariats avec des universités congolaises et étrangères reconnues.
L’annexe à la circulaire présente les résultats du contrôle de viabilité des établissements publics et privés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans le Nord-Kivu, l’Université de Goma est classée « viable » parmi les établissements publics.
L’Institut supérieur des techniques médicales, l’Institut supérieur des techniques appliquées, l’Institut supérieur de commerce et l’Institut supérieur pédagogique de Goma sont classés « moyennement viables ».
Dans le secteur privé, l’Université libre des pays des Grands Lacs (ULPGL), l’Université catholique La Sapientia et l’Institut supérieur d’informatique et de gestion (ISIG) figurent parmi les établissements classés « viables », selon les résultats publiés avec la directive.
Dans le Sud-Kivu, l’Université officielle de Bukavu et l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu sont classés « viables ». L’Institut supérieur des techniques médicales, l’Institut supérieur de développement rural, l’Institut supérieur de commerce et l’Université de Kaziba sont classés « moyennement viables ».
Plusieurs établissements privés des deux provinces sont également classés dans ces deux catégories, tandis que d’autres sont déclarés « non viables » et devront présenter un plan de redressement.
Le cas de l’Institut supérieur des techniques de développement de Mulungu reste sous examen. Une décision doit être rendue publique avant la rentrée, à l’issue de la procédure.
Cette directive intervient dans un contexte de tension entre Kinshasa et l’AFC/M23 sur la gestion de l’enseignement supérieur dans les zones contrôlées par le mouvement.
L’AFC/M23 a annoncé la rentrée académique le 15 octobre et assuré de la prise en charge des salaires des enseignants dont les primes ont été bloquées par Kinshasa.







