La Commission épiscopale Justice et Paix de la CENCO a organisé, mercredi 16 septembre à Kinshasa, un panel consacré au dialogue national inclusif. La rencontre a réuni le ministre de la Communication Patrick Muyaya, l’opposant Martin Fayulu et l’ancienne ministre Marie-Ange Mushobekwa, cadre du PPRD.
Organisé au Centre interdiocésain de Kinshasa dans le cadre de la Journée internationale de la paix, ce panel scientifique avait pour objectif de réfléchir aux enjeux, aux perspectives et aux conditions d’un dialogue national inclusif, alors que les consultations annoncées par le président Félix Tshisekedi sont en cours.
Pour Martin Fayulu, l’inclusivité doit permettre d’associer toutes les parties prenantes à la recherche d’une solution à la crise congolaise, y compris les groupes armés.
« Le Congo a des problèmes. Et pour résoudre ces problèmes qui sont de plusieurs ordres, il faut un dialogue. Mais quel dialogue ? C’est un dialogue national inclusif », a-t-il déclaré.
L’opposant estime que toutes les composantes de la société doivent être représentées.
Il cite notamment les acteurs impliqués dans la guerre dans l’Est du pays.
Selon lui, les exclure alors qu’ils contrôlent des parties du territoire national risquerait, d’après son analyse, de « balkaniser le pays ».
Martin Fayulu propose ainsi de mettre autour d’une même table les différentes parties afin d’identifier les causes de la crise et de rechercher ensemble des solutions. Il appelle également à une réconciliation et à une cohésion nationale après les discussions.
De son côté, Patrick Muyaya a défendu la vision du président de la République sur le dialogue.
Il a rappelé que Félix Tshisekedi avait présenté, dans son discours du 27 août dernier, les grandes orientations de ce processus, notamment autour de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État.
Le ministre de la Communication a également évoqué les cadres de discussion déjà existants, notamment ceux de Washington et de Doha. Il a expliqué que le président de la République avait, selon lui, laissé une possibilité à ceux qui souhaitent renoncer à la lutte armée de rejoindre le processus national.
Patrick Muyaya a par ailleurs indiqué que le processus devrait évoluer progressivement : « Le dialogue, c’est un processus, il a été lancé, et donc, chemin faisant, certaines préoccupations des uns et des autres pourront être rencontrées », a-t-il déclaré.
Concernant l’inclusivité, le ministre a estimé que le futur dialogue doit permettre aux Congolais, quelle que soit leur appartenance politique, de participer à la refondation du pays.
Marie-Ange Mushobekwa a, pour sa part, plaidé pour une médiation qu’elle souhaite neutre. Elle propose que la CENCO et l’ECC puissent conduire cette médiation, avec l’accompagnement de l’Union africaine et des Nations unies.
L’ancienne ministre des Droits humains a également demandé le respect des engagements liés à la décrispation du climat politique, notamment la libération des opposants qu’elle considère comme détenus injustement.
Elle souhaite aussi que le dialogue puisse se tenir dans un pays tiers afin, selon elle, de garantir la sécurité de tous les participants.
Marie-Ange Mushobekwa a reconnu que les participants ne partageaient pas tous les mêmes positions, notamment avec Patrick Muyaya.
« Nous ne partageons pas tous les points de vue du ministre de la Communication, mais dans une République, tout le monde ne peut pas penser de la même manière », a-t-elle déclaré.
Ce panel de la Commission Justice et Paix de la CENCO ne constitue pas une étape officielle du dialogue national. Il s’agit d’un cadre de réflexion destiné à faire émerger les différentes attentes autour de ce processus, dont le format et le calendrier restent à préciser.






