La situation de l’épidémie de maladie à virus Ebola demeure préoccupante en Ituri, où une grande partie des décès survient encore au sein des communautés.
Le constat a été dressé ce lundi à Bunia par le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, lors d’une conférence de presse consacrée à l’évolution de l’épidémie.
En visite en Ituri pour la troisième fois depuis la déclaration de l’épidémie, le Dr Mohamed Yakub Janabi ,le responsable de l’OMS affirme avoir consacré plusieurs jours à des échanges avec différents acteurs, notamment les autorités provinciales, les leaders communautaires et religieux, les associations de femmes ainsi que les représentants des transporteurs.
Selon lui, après près de trois mois de riposte, la situation reste difficile. Plus de 4 000 cas ont été enregistrés et plus de 2 000 personnes sont décédées, a-t-il indiqué, soulignant surtout que 60 à 70 % des décès surviennent encore à domicile.
Pour le responsable de l’OMS, ces chiffres montrent que la riposte ne permet pas encore de voir toute l’ampleur réelle de l’épidémie.
Il estime que les acteurs de la réponse n’ont actuellement qu’une visibilité limitée sur la situation, évaluée à environ un tiers.
Face à ce constat, l’OMS et ses partenaires entendent réexaminer leur approche afin de mieux comprendre ce qui se passe dans les communautés et d’adapter les interventions.
« Qu’est-ce qu’on peut faire autrement ? Comment est-ce qu’on peut comprendre autrement la situation ? », s’est notamment interrogé le responsable de l’OMS.
Cette réflexion intervient alors que plusieurs organisations et agences travaillent aux côtés des autorités congolaises dans la riposte, notamment les agences des Nations unies, Africa CDC, ainsi que des organisations non gouvernementales comme Alima et la Croix-Rouge.
Le directeur régional de l’OMS a également indiqué avoir visité des structures de prise en charge et rencontré différents acteurs locaux au cours de son séjour en Ituri. L’objectif est de renforcer la compréhension de l’épidémie au niveau communautaire et d’améliorer l’efficacité de la riposte.
L’OMS reconnaît ainsi la nécessité d’aller davantage vers les communautés, là où se produit encore une grande partie des décès, afin d’identifier plus rapidement les cas, renforcer la prise en charge et limiter la propagation du virus.

