Le coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23), Corneille Nangaa, et son adjoint, Bertrand Bisimwa, ont assisté, jeudi 6 juillet 2026, à Goma, à une séance de la plénière de résolution des conflits, une instance mise en place par les autorités provinciales sous administration de l’AFC-M23 pour examiner notamment les litiges fonciers et certains contentieux entre particuliers.
Les audiences, organisées au gouvernorat du Nord-Kivu, permettent aux parties en conflit de présenter leurs arguments devant un comité d’arbitrage composé de membres de la commission de pacification et de résolution des conflits.
Les vice-gouverneurs et plusieurs membres du cabinet du gouverneur participent également aux travaux.
Selon les autorités provinciales, le gouverneur Bahati Musanga Erasto suit personnellement les audiences organisées chaque jeudi.
Corneille Nangaa a salué cette initiative.
Le coordonnateur politique de l’AFC-M23 a présenté ce mécanisme comme une expérience susceptible d’être reproduite dans d’autres provinces, notamment au Sud-Kivu, confronté lui aussi à de nombreux différends fonciers et communautaires.
Les autorités présentent cette procédure comme un mécanisme de proximité destiné à favoriser le dialogue entre les parties et à contribuer au règlement des différends en dehors des procédures judiciaires classiques.

Selon le conseiller principal du gouverneur chargé de la Justice, plus de 584 dossiers ont été enregistrés depuis la création de cette instance.
Certains ont été clôturés à la suite d’accords entre les parties, tandis que d’autres sont encore en cours d’examen ou nécessitent des enquêtes supplémentaires.
Les conflits fonciers constituent depuis plusieurs décennies une source importante de tensions au Nord-Kivu, notamment dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Nyiragongo, Lubero et Walikale.
Les déplacements massifs de populations provoqués par les conflits armés, les occupations de terres, les revendications concurrentes et la faiblesse des mécanismes cadastraux ont contribué à complexifier ces différends.
La question foncière dépasse les seuls enjeux de propriété.
Dans plusieurs zones rurales, l’accès à la terre est directement lié aux moyens de subsistance, au patrimoine familial et à l’appartenance communautaire.
Des différends entre familles ou communautés peuvent ainsi prendre une dimension identitaire et contribuer à alimenter des tensions plus larges.
Les autorités provinciales sous administration de l’AFC-M23 affirment vouloir faire de la médiation et de l’arbitrage des instruments de cohésion sociale et de prévention des conflits.
Elles mettent notamment en avant la nécessité de rapprocher les mécanismes de règlement des litiges des populations.
La question de la gouvernance foncière reste toutefois étroitement liée, dans l’est de la RDC, aux déplacements de populations, à l’insécurité et aux revendications communautaires.
La résolution durable de ces différends demeure ainsi un enjeu majeur pour la stabilisation de la région.

