La Plateforme des confessions religieuses a organisé, ce mardi 28 juillet à Kinshasa, une matinée de réflexion sur les questions majeures touchant à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, avec un accent particulier sur un dialogue national inclusif et apaisé.
Dans une déclaration de l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, à l’issue d’une rencontre consacrée aux « enjeux de l’heure », la Plateforme explique que ce dialogue « n’est ni une manœuvre d’esquive ni un arrangement partisan de plus », mais une réponse aux « mutations socio-politiques » et aux « défis sécuritaires majeurs » en RDC.
Dans son intervention, l’archevêque a lancé un appel direct à la classe politique : « À la classe politique, majorité, opposition et société civile, dépouillez-vous des calculs égoïstes et des intérêts partisans. Accordez au peuple congolais les cadeaux du dialogue franc, de la réconciliation nationale, qui est la clé pour la souveraineté et la renaissance économique de la RDC. »
Les responsables religieux ont rappelé leur participation à une rencontre à Bujumbura avec la Cenco, l’ECC et l’opposition politique, à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président de l’Union africaine.
Ils affirment avoir ensuite été reçus par le président Félix Tshisekedi, qui, selon eux, « a levé l’option de la tenue du dialogue national ».
Poursuivant son intervention, l’archevêque a annoncé une avancée dans le processus, indiquant qu’au sein du comité de suivi interconfessionnel, une commission mixte interconfessionnelle a été officiellement mandatée pour élaborer une feuille de route opérationnelle de l’initiative de paix et entamer des consultations directes avec toutes les parties prenantes.
Insistant sur l’implication de tous, il a exhorté les citoyens à s’engager activement : « Prenez toutes vos places dans ce processus. Refusez d’être les bras armés de la violence ou les instruments du discours de haine. »
Un message particulier a été adressé à la jeunesse et aux structures locales :
« Ô constituants des comités locaux de paix et de vigilance citoyenne, votre dynamisme et votre exigence d’avenir doivent irriguer les travaux du dialogue national. »
La Plateforme rappelle également le rôle des confessions religieuses dans la préservation de l’unité nationale.
À ce sujet, l’archevêque a appelé les leaders religieux à plus de responsabilité : « Au serviteur de Dieu et leader religieux, transformez nos lieux de culte en véritables écoles du pardon, de la vérité et de l’unité. Restez inflexibles sur les principes moraux au-dessus des partis politiques. Continuez à être le rempart infranchissable contre la désintégration du tissu social. »
La Plateforme appelle ainsi à la neutralité, à la lutte contre le tribalisme, au renforcement de l’éducation civique et au soutien aux victimes des conflits.
Les responsables religieux proposent également une initiative articulée autour de trois axes : une médiation entre les acteurs politiques et sociaux, la recherche des causes profondes des conflits, ainsi qu’un mécanisme de vérité, de réparation des victimes et de réconciliation.
Enfin, la Plateforme annonce la mise en place d’une commission mixte interconfessionnelle chargée de préparer une feuille de route pour cette initiative de paix et de consulter l’ensemble des parties concernées.
Kethia Rugamika

