Quatre organisations de la société civile, LUCHA, Filimbi, La Voix du Peuple et l’ASBL Tayari, ont exprimé leur vive indignation après la diffusion de vidéos montrant des actes de violences présumées commis contre des agents de la société de gardiennage WASS Sécurité à Kasumbalesa, dans la province du Haut-Katanga.
Dans un communiqué publié le 21 juillet 2026, ces organisations dénoncent ce qu’elles qualifient de « violences extrêmes » et d’atteintes graves aux droits fondamentaux des travailleurs.
Selon elles, les vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent un agent de sécurité violemment passé à tabac par un collègue, tandis qu’une autre séquence montre un agent fouettant un autre employé de la même entreprise.
Les organisations affirment que ces faits ne seraient pas isolés. « Selon plusieurs témoignages concordants, des pratiques de châtiments corporels et de violences seraient infligées à des agents qui s’absentent de leur poste de travail », indique le communiqué.
Pour les signataires, ces agissements constituent une violation du Code du travail, de la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que des engagements internationaux relatifs aux droits humains.
« Aucun employeur, aucun responsable d’entreprise ne peut s’arroger le droit de torturer, de frapper ou d’humilier ses agents. L’absence au travail, quelle qu’en soit la raison, ne peut en aucun cas justifier des violences physiques ou des traitements cruels, inhumains et dégradants », soulignent-elles.
Six revendications adressées aux autorités
Face à cette situation, LUCHA, Filimbi, La Voix du Peuple et Tayari formulent plusieurs recommandations aux autorités compétentes.
Elles réclament notamment :
l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités ;
la protection des victimes et des témoins ;
l’organisation d’un procès en flagrance contre les personnes présumées impliquées dans les actes de violence ;
un contrôle urgent des activités de WASS Sécurité ;
la réévaluation de l’agrément de cette société à l’issue de l’enquête ;
le renforcement du contrôle de l’ensemble des sociétés privées de gardiennage opérant en République démocratique du Congo.
Les organisations de la société civile estiment que cette affaire met en lumière les conditions de travail difficiles auxquelles sont confrontés certains agents de sécurité privée et appellent les autorités à faire respecter les droits des travailleurs.
Pour rappel, les deux inspecteurs présentés comme les principaux auteurs présumés des actes de torture ont été arrêtés par les services de sécurité. Ils ont été présentés, le 21 juillet 2026, au gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula.
À cette occasion, le chef de l’exécutif provincial a invité la justice à traiter ce dossier avec toute la rigueur requise.
Il a plaidé pour l’organisation d’un procès public et télévisé, estimant qu’une telle démarche pourrait servir d’exemple dans la lutte contre les violations des droits humains et contribuer à prévenir la répétition de tels actes.
L’enquête judiciaire se poursuit afin de faire toute la lumière sur cette affaire qui a suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique.

