Les consultations initiées à Bujumbura par le président burundais Évariste Ndayishimiye autour de la crise politique en République Démocratique du Congo suscitent des réactions contrastées.
Si cette démarche est présentée comme une initiative visant à favoriser le dialogue entre les acteurs congolais, certains observateurs s’interrogent sur sa neutralité et ses objectifs réels.
Dans une analyse consacrée à ces concertations sur la radio France internationale, le politologue Bob Kabamba estime que l’initiative s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les relations entre Gitega et Kinshasa, plutôt qu’à établir un cadre de médiation pleinement indépendant.
« Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large, visant notamment à renforcer l’axe Gitega-Kinshasa et à aider Félix Tshisekedi à avancer vers un changement de Constitution et, selon lui, un troisième mandat », affirme Bob Kabamba.
L’analyste met en doute la capacité du président burundais à jouer un rôle de médiateur neutre dans la crise congolaise.
Selon lui, l’implication militaire du Burundi dans l’est de la RDC constitue un élément susceptible d’alimenter les réserves de certains acteurs de l’opposition congolaise.
« Évariste Ndayishimiye n’est pas la bonne personne pour jouer les médiateurs, notamment en raison de l’implication militaire du Burundi dans l’est de la RDC, qui rendrait sa neutralité difficile à établir aux yeux de l’opposition », soutient-il.
Les consultations de Bujumbura, lancées depuis le 6 juillet 2026, réunissent plusieurs responsables politiques congolais et représentants religieux dans le but affiché de favoriser un dialogue face à la crise que traverse la RDC.
Mais pour Bob Kabamba, l’un des enjeux majeurs de ces échanges concerne la question constitutionnelle.
Il estime que le pouvoir de Kinshasa chercherait à obtenir un soutien politique plus large autour de ses ambitions institutionnelles, notamment sur une éventuelle modification de la Constitution.
L’absence du camp de l’ancien président Joseph Kabila figure également parmi les points de critique soulevés par l’analyste.
Selon lui, cette exclusion remet en cause le caractère inclusif du processus.
« L’absence du camp Kabila constitue un obstacle à un véritable dialogue inclusif », estime-t-il, considérant que les consultations ne réunissent pas l’ensemble des forces politiques concernées par la crise congolaise.
Pour Bob Kabamba, ces rencontres relèveraient davantage d’une démarche politique destinée à consolider le pouvoir en place à Kinshasa que d’un processus de médiation neutre.
Les autorités burundaises présentent toutefois ces consultations comme une initiative de facilitation du dialogue, dans le cadre des efforts régionaux visant à contribuer à la résolution pacifique des tensions politiques et sécuritaires en RDC.
Kethia Rugamika

